Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 17 octobre 2017

SAINT HIEROMARTYR EVDEMOZ, Catholicos-Patriarche de Géorgie († 1642)



Mémoire 4 /17 octobre

Saint Evdemoz a dirigé l'Église orthodoxe géorgienne au milieu du 17e siècle, durant le règne du roi Rostom-Khan (1632-1658), un géorgien qui s'était converti à l'islam.

Après avoir tué le roi de Kartli Louarsab II et chassé le roi de Kakhétie Teimuraz I, le shah persan Abbas Ier avait déclaré Rostom-Khan souverain d'un royaume unifié de Kartli-Kakhétie. Rostom essaya d'être accommodant dans ses politiques et de protéger les croyances et les traditions à la fois du shah persan et du peuple géorgien: il établit un salaire standard pour le clergé et construisit même des églises géorgiennes, mais la société se détériora quand même rapidement. Les vices humains devinrent monnaie courante, et les péchés comme ceux de Sodome et Gomorrhe se multiplièrent. La nation était tellement vaincue par le péché que même le clergé cessa de se comporter d'une manière conforme à son rôle donné par Dieu.

Mais le berger en chef de la nation géorgienne ne céda pas à la décadence morale de son troupeau, et il affronta cette crise avec conviction et courage. Plusieurs fois, il mena ses plus vaillants chefs militaires dans la révolte contre la Perse. A l'instar du Catholicos Evdemoz, plusieurs princes géorgiens se rebellèrent contre la politique pro-persans de Rostom-Khan et chassèrent l'influence islamique de leurs territoires.

Le Catholicos Evdemoz résista à la coutume islamique d'élever les héritiers du roi à la cour du shah depuis leur jeune âge. Il ne fut jamais trop intimidé par le roi pour exposer ses fautes et lui dire à chaque occasion propice: " Tu es le père naturel des musulmans, mais le parâtre des chrétiens"

Evdemoz était le père spirituel de la femme de Rostom-Khan, la fidèle Reine Mariam, fille de Manouchar Dadiani, prince de Samegrelo.

En raison des labeurs du saint Catholicos Evdemoz et de la reine Mariam, l'âme chrétienne du peuple géorgien ne fut pas entièrement éteinte. Les géorgiens construisirent des églises, écrivirent de la littérature spirituelle, et peu à peu retrouvèrent leur conscience nationale. Le Catholicos Evdemoz prêcha dans tout le pays et développa et mit en œuvre un plan pour amener le roi Teimuraz, qui avait été chassé par le shah Abbas, de retour sur le trône.

Naturellement Rostom-Khan se sentit menacé par la forte influence que le Catholicos Evdemoz avait sur les gens. En 1642, il arrêta le berger en chef du peuple géorgien et essaya de le convaincre, mais ni sa tendresse feinte, ni ses menaces n'entamèrent la ferme volonté de l'homme qui aimait le Christ et sa patrie par-dessus tout. Après son arrestation, saint Evdemoz critiqua le roi encore plus durement et appela le peuple à se soulever contre lui. Enfin Rostom-Khan ordonna que le Catholicos Evdemoz soit étranglé à mort dans sa cellule de prison, et comme une insulte subséquente, son corps fut jeté hors de la Forteresse de Nariqala (à Tbilissi) dans la direction des bains turcs.

Cette nuit-là, un groupe de chrétiens volèrent le corps du saint hiéromartyr. le  Catholicos-Patriarche Evdemoz et l'enterrèrent dans le coin nord-ouest de l'église d'Anchiskhati à Tbilissi.

Majestueux hiérarque de l'Eglise, yeux des martyrs, et étoile brillante, Ô saint Catholicos Evdemoz, supplie le Christ Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

dimanche 15 octobre 2017

MEGALOMARTYRS DAVID ET CONSTANTIN († 740)






Mémoire 2 (15) Octobre

La 8ème siècle fut extrêmement difficile pour le peuple géorgien. Marwan bin Muhammad (appelé "le sourds" par les Géorgiens et "l'aveugle" par les Arméniens), souverain perse et chef militaire du calife arabe, envahit les parties orientales de l'Empire byzantin, puis l'Arménie et la Géorgie. Par le feu et l'épée, il se fraya un chemin à travers la Géorgie de l'est à partir de la ville de Tskhoumi (maintenant Soukhoumi) dans la région d'Abkhazeti. Les princes David ( Davit) et Constantin Mkheidze d'Argveti étaient des chrétiens fidèles et des chefs militaires qualifiés. Quand ils entendirent parler de l'invasion de l'ennemi, les frères prièrent Dieu pour leur protection, rassemblèrent leurs armées, et exhortèrent leur peuple à prier avec ferveur pour obtenir l'aide de Dieu.

Les guerriers perses approchèrent Argveti de Samtskhe et attaquèrent les géorgiens sur le mont Persati. L'armée géorgienne gagna la bataille, avec David et Constantin qui dirigeaient la résistance contre les redoutables conquérants.

Mais bientôt la colère de Marwan le Sourd rassembla une armée considérable et marcha vers Argveti pour se venger. Cette fois l'ennemi mit en déroute l'armée géorgienne. Beaucoup furent tués et ceux qui survécurent furent forcés de fuir dans les forêts. Les commandants David et Constantin furent emmenés en captivité.

Les soldats perses lièrent David et Constantin et les conduisirent devant Marwan le Sourd, qui commença à se moquer d'eux. Mais ils réagirent avec un calme complet, en disant: "Ton rire et ta vantardise sont vains, car la gloire terrestre est éphémère et bientôt s'efface. Ce n'est pas ton courage qui nous a capturés, mais nos propres péchés. Pour l'expiation de ces péchés nous sommes tombés dans les mains de l'ennemi impie! "

Marwan furieux, ordonna que les frères soient battus sans pitié, mais ils supportèrent la souffrance avec endurance.

Étonné par la détermination des frères, Marwan décida de les gagner plutôt par la flatterie. Lui promettant de grands honneurs et le commandement des armées, il se tourna vers le frère aîné, David, en disant: "J'ai entendu parler de ton courage, et je te conseille d'abandonner ta foi erronée et de te soumettre à la foi de Mahomet!"

Saint David se signa et répondit: "Que cette honte ne vienne pas sur nous, car nous quitterions la Lumière et nous nous rapprocherions des ténèbres!" Puis il  condamna l'erreur de la foi islamique: "Mahomet vous a convertis du culte de feu, mais il ne pouvait pas instiller en vous la connaissance du vrai Dieu. Par conséquent, il semble que vous ayez subi un naufrage et que vous vous vous êtes sauvés des profondeurs de la mer, mais noyés dans les eaux peu profondes de la côte."

Furieux de cette réponse, Marwan se tourna vers le jeune frère, Constantin, dans l'espoir de le gagner à sa cause. Mais Constantin fut également inflexible, et sans crainte, il glorifia la Très Sainte Trinité: "Mon frère et moi David croyons et suivons la même foi et une doctrine dont nous avons été instruits. Notre foi est dans le Père et le Fils et l'Esprit Saint, et nous mourrons pour le bien du seul Vrai Dieu! "Marwan ordonna que les deux frères meurent de faim. Après avoir souffert pendant dix jours, Marwan envoya des sorciers et des magiciens pour susciter en eux le désir de se convertir à l'islam, mais leurs efforts furent vains. Enfin les saints frères David et de Constantin furent amenés à la rivière près de l'église des Saints Côme et Damien. Là, ils furent sauvagement battus et ligotés. De lourdes pierres furent suspendues à leur cou, et ils furent noyés dans la rivière.

Cette nuit-là trois faisceaux de lumière descendirent du ciel et illuminèrent l'endroit où les deux frères avaient été noyés. Selon la volonté du Dieu saint, les cordes qui liaient les saints martyrs furent déliées, et leurs corps flottèrent à la surface. Un groupe de fidèles chrétiens les retirèrent du fleuve et les enterrèrent sur la rive de la rivière Tsqaltsitela, dans une église que Marwan le Sourd avait dévastée.

Le lieu de leur sépulture est resté caché jusques au début du 12ème siècle, sous le règne du roi Bagrat le Grand (1072-1117). Puis, dans l'accomplissement du décret du roi Bagrat, le Monastère des Martyrs(Motsameta) fut construit à cet endroit, et les reliques incorrompues des mégalomartyrs y sont toujours conservées.

Ô victorieux David et héroïque Constantin, délivrez de la tentation ceux qui demandent votre intercession, et par votre sainte protection, accordez-leur la paix!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

samedi 14 octobre 2017

LA FÊTE DE LA ROBE DE NOTRE SEIGNEUR, LE PILIER MYRRHOBLYTE ET VIVIVIFIANT, LE ROI ET LA REINE EGAUX-AUX-APÔTRES MIRIAN ET NANA ET LES SAINTS SIDONIE ET ABIATAR (4ème siècle)


Elioz of Mtskheta acquiring the Robe of the Lord
Elioz de Mtskheta acquiert la Robe du Seigneur
Fête le 1/14 octobre


Pendant le règne du roi Aderki de Kartli, la diaspora juive à Mtskheta apprit qu'un enfant merveilleux était né à Jérusalem. Puis, trente ans plus tard, un homme est venu à Jérusalem pour délivrer ce message: "Le jeune a grandi. Il S'appelle Lui-même le Fils de Dieu et nous prêche la Nouvelle Alliance. Nous avons envoyé des émissaires à chaque diaspora juive pour exhorter les savants de la religion à venir à Jérusalem et à juger des mesures qui devraient être prises en ce qui concerne cette affaire. "

En réponse à la demande de l'envoyé et à la recommandation du Sanhédrin juif, Elie (Elioz) de Mtskheta et Longin (Longinoz) de Karsani furent choisis pour aller à Jérusalem. Elie de Mtskheta était né dans une famille pieuse, et sa mère l'avait préparé pour le voyage, elle le supplia en pleurant de ne pas prendre part à l'effusion du sang du Messie.

Quand les soldats romains clouaient notre Sauveur sur la Croix au Golgotha, la mère d'Elie entendit miraculeusement chaque coup de marteau. Elle cria de peur, "Adieu majesté des Juifs! Dans la mesure où vous avez tué votre Sauveur et Rédempteur, désormais vous êtes devenus vos propres ennemis! "Avec cela, elle rendit le dernier soupir.

Après que les soldats eussent tiré au sort la robe de Notre-Seigneur, il fut acquise par Elie et Longin, et avec grand honneur ils l'ont amené avec eux à Mtskheta. À leur arrivée, Elie rencontré sa sœur, Sidonie qui reçut de lui la robe sacrée. Avec beaucoup de chagrin, elle écouta le récit de la crucifixion du Sauveur, elle saisit la robe et la pressa sur sa poitrine, et elle rendit immédiatement  l'esprit.

De nombreux miracles furent accomplis par la robe, et cette nouvelle se répandit comme un éclair à travers Mtskheta. Le roi Aderki avait un grand désir de posséder la robe, mais, effrayé par les miracles, il ne tenta pas de la libérer de l'étreinte de Sidonie. Elie fut obligé d'enterrer sa sœur et la précieuse robe ensemble. Un cyprès grandit sur la tombe de Sidonie. Quand les disciples de Christ après la Pentecôte tirèrent au sort, l'apanage de l'évangélisation de la Géorgie incomba à la Très Sainte Génitrice de Dieu. Mais le Christ révéla à Sa mère que ce n'était pas Sa volonté qu'elle y prêche.

"Tu as été chargée de protéger la nation géorgienne," dit-il, "mais le rôle de l'évangélisation de cette terre appartient à Mon disciple André le Protoclyte (le Premier Appelé). Envoie-le avec une image de ton visage "non-fait-de-main.d'homme" pour protéger le peuple géorgien jusques à la fin des siècles! "

Svetitskhoveli Cathedral, built over the Robe of the Lord

Cathédrale de Svetitskhoveli, 
construite au-dessus de la robe du Seigneur

Selon la volonté de Dieu et la bénédiction de la Mère de Dieu, saint André le Protoclyte partit pour la Géorgie pour prêcher la foi chrétienne. Il entra dans la Géorgie du sud-ouest, dans la région d'Atchara, et ensuite prêcha dans toutes les régions du pays. Il instaura une hiérarchie dans l'Eglise géorgienne et il retourna ensuite à Jérusalem pour Pâques. Quand il se rendit en Géorgie pour la deuxième fois, l'apôtre André fut accompagné par l'apôtre Matthias et Simon le Cananéen.

Les années passèrent et, sous la menace des Perses adorateurs du feu et des autres communautés païennes, la mémoire du Christ disparut de l'esprit du peuple géorgien.

Puis, au début du 4ème siècle, selon la volonté de Dieu et la bénédiction de la Très Sainte Génitrice de Dieu, la vierge sainte Nina arriva à Kartli pour prêcher la foi chrétienne. Elle s'installa dans la périphérie de Mtskheta, dans les ronces du jardin du roi. Sainte Nina s'enquit de la localisation de la robe de notre Seigneur, mais personne ne pouvait se rappeler où elle avait été préservée. Dans sa quête de la robe précieuse, elle fit connaissance avec les descendants d'Elie, du prêtre juif Abiatar et de sa fille, Sidonie. Sainte Nina les convertit au christianisme.

Sainte Nino fut béni par Dieu par le don de guérison. Elle guérissait les affligés par le nom de notre Sauveur crucifié et par la grâce de la croix formée à partir des vignes de la Mère de Dieu et liée avec des mèches de cheveux de sainte Nina. [1]

A cette époque, le roi Mirian régnait sur Kartli. Suivant les traces de ses ancêtres, il adorait l'idole Armazi, mais dans la profondeur de son cœur, il était attiré par la foi que la sainte vierge Nina prêchait. L'épouse de Mirian, la reine Nana, était la fille d'un célèbre chef militaire du Pont. Ainsi, le roi avait reçu une certaine connaissance de la foi des Grecs.

Un jour la reine Nana tomba profondément malade, et par les prières de sainte Nina la mort lui fut épargné. Après cette guérison miraculeuse, le roi Mirian fut intrigué par la foi que sainte Nina prêchait, et il commença à poser des questions à Abiatar nouvellement illuminé par les Saintes Ecritures.

Un jour, alors qu'il chassait sur le mont Tkhoti près de Mtskheta, le roi Mirian fut soudain saisi par un mauvais esprit, et il brûlait du désir de détruire le peuple chrétien de sa terre et par dessus tout la vierge Nina. Mais, soudain, le soleil fut éclipsé, et le roi fut entouré par les ténèbres. Mirian effrayé pria les dieux païens de le sauver de cette terreur, mais ses prières restèrent sans réponse. Alors, désespéré, il se mit à prier le Dieu-homme crucifié et un miracle se produisit: l'obscurité se dispersa et le soleil brilla comme auparavant. En levant les mains vers l'est, Mirian s'écria: "Tu es le véritable Dieu prêché par Nina, le Dieu des dieux et le Roi des rois!"

Ayant regagné la capitale, le roi Mirian se rendit aussitôt dans les ronces où sainte Nina habitait. Il la salua avec beaucoup d'honneur et passé plusieurs heures à la recherche de ses conseils. Sur sa recommandation, il envoya des messagers à l'empereur Constantin à Byzance, lui demandant d'envoyer des prêtres pour baptiser les gens de Kartli et des architectes pour construire des églises.

Ceci se passa le 24 Juin de l'année 324, qui était un samedi. Le roi Mirian  commença à construire une église pour que les prêtres venant de Constantinople aient un endroit pour servir. Sept colonnes pour soutenir l'église furent formées à partir du bois d'un arbre de cyprès qui avait grandi dans le jardin du roi. Six des colonnes furent érigées sans problème, mais la septième jour ne put être déplacée de l'endroit où elle avait été sculptée. Sainte Nina et ses disciples prièrent toute la nuit et à l'aube, ils virent comme un jeune homme, entouré d'une lumière brillante, qui descendit des cieux et souleva la colonne. La colonne miraculeuse se mit à briller et s'arrêta au milieu de l'air, à une hauteur de douze coudées.

The miracle of the Life-giving Pillar
Le miracle du pilier vivifiant

Une odorante myrrhe commença à couler sous les fondations du saint pilier, et toute la population de Mtskheta afflua à cet endroit pour recevoir sa bénédiction. En approchant du pilier vivifiant, les malades étaient guéris, les aveugles recouvraient la vue, et les paralytiques se mettaient à marcher.

En ce temps-là, un certain évêque Jean et sa suite étaient arrivés de Constantinople. Saint Constantin le Grand envoya une croix, une icône du Sauveur, un fragment de la Croix vivifiante de notre Seigneur (de l'endroit où ses pieds se trouvait), et un clou de sa crucifixion comme cadeaux au roi Mirian Roi et à son peuple nouvellement illuminés.

Au confluent des rivières Mtkvari et Aragvi à Mtskheta, le roi et la reine, la cour royale, et tous les gens de Kartli furent baptisés dans la foi chrétienne. Après le baptême glorieux, l'évêque Jean et sa suite de Constantinople partirent vers le sud de la Géorgie, pour le village d'Erusheti. Là, ils construisirent des églises et présentèrent à la communauté chrétienne le clou de la Crucifixion de notre Seigneur. Peu de temps après, ils commencèrent à construire l'église de Manglisi et placèrent à l'intérieur le fragment de Croix vivifiante.

Le roi Mirian voulut garder quelques-uns des objets sacrés nouvellement obtenus dans la capitale, mais sainte Nina l'informa que l'un des objets les plus sacrés, la robe de notre Sauveur, se trouvait déjà à Mtskheta. Le roi fit appeler le prêtre Abiatar et s'enquit de la robe, puis une grande joie après qu'Abiatar eut confirmé les paroles de sainte Nina, que la robe du Seigneur était dans les bras de Sidonie, qui avait été enterrée sous la souche du cyprès qui servait maintenant de socle pour le pilier vivifiant.

The Baptism of King Mirian and Queen Nana
Le baptême du roi Mirian et la reine Nana

A cette époque, un arbre luxuriant et parfumé, miraculeux poussa sur une montagne au-dessus de Mtskheta et, à la suggestion de l'évêque Jean, le prince Revi, le fils du roi Mirian, ordonna que l'arbre soit abattu et qu'une croix soit formée à partir de son bois. L'arbre fut abattu et replanté, sans ses racines, à côté d'une église qui était en construction.

Pendant 37 jours de l'arbre conserva son aspect d'origine - même ses feuilles ne se fanaient ou ne dépérissaient pas. Puis, après que 37 jours se furent écoulés, trois croix furent formées à partir de son bois.

Pendant plusieurs jours après ce miracle le peuple de Mtskheta eut une vision: au cours de la nuit, une croix de feu brillait au-dessus de l'église, entourée d'étoiles. Le matin venu, deux des étoiles s'était éloignées de la croix dans des directions opposées - l'une à l'ouest et l'autre à l'est. La croix de feu dirigée vers le nord, s'arrêta pendant un certain temps sur la colline de l'autre côté de la rivière Aragvi, puis elle disparut.

Sainte Nina conseilla au roi Mirian d'ériger l'un des trois croix à l'ouest, sur la montagne Tkhoti, et une autre à l'est, dans le village d'Oujarma. Mais il ne savait pas où la troisième croix devait être érigée, alors le roi Mirian implorait en prière le Seigneur de lui révéler l'endroit. Le Seigneur entendit sa prière et  envoya un ange pour lui montrer l'endroit: une colline rocheuse au nord de la capitale, au confluent des rivières Aragvi et Mtkvari. Aujourd'hui, cette colline est appelée Jvari (Croix en Géorgien) et sur elle se dresse la magnifique église du monastère de Jvari. Au moment où la croix fut érigée sur cette colline, toutes les idoles de Mtskheta tombèrent et se brisèrent en morceaux.

Avant sa mort, le roi Mirian bénit son héritier, le prince Bakar, et lui demanda de consacrer sa vie à la Sainte Trinité et de lutter sans cesse contre les idolâtres. Puis il reposa paisiblement dans le Seigneur. Selon sa volonté, le saint roi Mirian égal-aux-apôtres fut enterré dans l'église supérieure à Samtavro, où se trouve aujourd'hui un couvent en l'honneur de sainte Nina. Le roi était trop modeste pour être enterré dans l'église inférieure, la cathédrale de Svetitskhoveli, dans laquelle le pilier vivifiant avait été préservé.

La reine Nana reposa en Christ deux ans plus tard et fut enterrée à côté de son mari.

Glorifiant la Très-Sainte Génitrice de Dieu et le Fils né d'elle, toutes les nations de la terre célébre la lumière du Pilier vivifiant et la Robe de notre Seigneur. Ils font couler une myrrhe sainte comme un signe d'immortalité, afin que nos âmes puissent trouver la vie éternelle!

  Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

SAINT MELCHIZÉDEK, Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie (11ème siècle)



Mémoire 1/14 octobre

Après le repos du Catholicos Syméon (Svimeon), la gouvernance de l'Eglise géorgienne passa au Catholicos Melchisédek I. Saint Melchisédek dirigea l'Église d'environ 1010 à 1030, sous les règnes des Rois Bagrat III, Giorgi I,  et Bagrat IV.

On croit que saint Melchisédek fut le premier Catholicos géorgien à être commémoré en tant que Catholicos-Patriarche.

Selon les sources historiques, le Catholicos Melchisédek était d'une noble lignée et fut l'élève du roi Bagrat III.

Sous sa direction, la cathédrale de Svetitskhoveli fut restaurée et décorée. Il se rendit à Byzance pour amasser des fonds pour ce projet, et, tandis qu'il était là, il rendit visita à l'empereur Basile II (le tueur de Bulgares). Saint Melchisédek retourna dans sa patrie avec des cadeaux généreux et commença le plus grand projet de construction du siècle: l'ornement de la cathédrale de Svetitskhoveli avec de l'or, de l'argent, des perles et des pierres précieuses.

Saint Melchisédek fit plusieurs voyages à Byzance au cours de sa vie, et les historiens pensent qu'au cours d'une de ces visites les patriarches de l'Orient approuvèrent comme titre officiel du berger en chef de l'Eglise orthodoxe géorgienne apostolique l'appellation de "Catholicos-Patriarche".

L'histoire a conservé le testament de saint Melchisédek, dans lequel il légua une longue liste d'objets sacrés, des monastères et des villages à la cathédrale de Svetitskhoveli. Dans son testament, le berger en chef de l'Eglise géorgienne est dénommé "Catholicos-Patriarche." Melchisédek révèlait aussi qu'il a précisé l'endroit où il voulait être enterré.

Saint Melchisédek a été glorifié au rand des saints le 17 octobre 2002.

Comme Noé tu as accordé à ton peuple une arche de sainteté, et comme une épouse du Christ tu as orné l'église de bijoux vivants. Ô saint hiérarque Melchisédek, rends-nous dignes de la béatitude éternelle!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in


jeudi 12 octobre 2017

VÉNÉRABLE ONUPHRE (ONOPRE) de Gareji, le Thaumaturge (18ème siècle






Mémoire 29 septembre/ 12 octobre


Saint Onuphre {Onopre} de Gareji (Otar Matchutadzé dans le monde) a vécu et œuvré au 18ème siècle. C'était un aristocrate Kartlian célèbre pour sa richesse, son hospitalité et sa charité.

ASpirant à la vie ascétique, Otar portait un cilice sous ses vêtements élégants et priait sans cesse Dieu pour avoir la force de mener la vie monastique. Il révéla sa volonté à son épouse: "J'ai soif de quitter ce monde et de me rapprocher de Jésus-Christ, " lui dit-il.

"C'est pourquoi je te demande pardon pour tous mes péchés, à la fois volontaires et involontaires."

Son épouse fidèle consentit et lui permit d'aller en paix.

Otar voyagea avec ses deux fils aînés à Tbilissi, les bénit, et leur dit adieu pour la dernière fois. Puis il partit pour le monastère de Davit-Gareji, qui à l'époque était dirigé par le bienveillant higoumène, l'archimandrite Germain.

L'archimandrite Germain reçut Otar avec grande joie, et après un court laps de temps, il le tonsura moine sous le nom d'Onuphre.

Le bienheureux Onuphre était un homme pacifique, humble et très obéissant et un ascète infatigable. Il faisait vigile toute la nuit, et après les prières du matin, il allait vers le ravin et continuait à chanter des psaumes, versant des larmes sur ses transgressions passées. Il prenait un seul repas par jour, fait de pain et d'eau, après l'heure des vêpres.

Un jour, les Daghestanais attaquèrent le monastère de Davit-Gareji, pillèrent l'église, et emmenèrent plusieurs moines en captivité, y compris Onuphre, les prêtres Maxime et Joachim, et quatre diacres. Onuphre était le plus âgé d'entre eux. Les incroyants avaient prévu de le poignarder à mort, mais le Seigneur le protégea de leur plan diabolique. Selon la volonté du Dieu Très-Miséricordieux, Onuphre fut libéré et retourna au monastère. La confrérie était appauvrie après l'invasion, alors l'archimandrite Germain envoya saint Onuphre enmission pour demander l'aumône.

Il était difficile pour Saint-Onuphre de quitter le monastère, mais il obéit aveuglément à la volonté de son higoumène: l'ancien aristocrate se mit à aller de porte en porte, demandant la charité. A Tskhinvali dans Samachablo, saint Onuphre attira l'attention d'une foule de personnes menant un jeune homme possédé du démon. Le saint s'approcha d'eux et découvrit qu'ils amenaient le jeune homme à une diseuse de bonne aventure pour l'aider.

Avec amour et grande hardiesse saint Onuphre s'adressa à la foule en disant: "Mes enfants, un tel comportement n'est pas convenable pour les croyants chrétiens. Amenez-moi le jeune homme! "

La mère du jeune homme tomba à genoux devant lui, implorant de l'aide, mais saint Onuphre la fit lever et proclama: "Je suis venu avec en ma possession de la terre de la tombe de Saint Davit de Gareji. Cela aidera ton fils! "Il dissout une pincée de terre dans l'eau et la donna à boire au jeune homme, et il fut immédiatement guéri.

Saint Onuphre prit avec lui son plus jeune fils, Jean (Ioane), et revint au monastère avec une grande quantité de vivres.

Un jour, un certain arabe avec un œil blessé vint au monastère chercher de l'aide. Saint Onuphre lui lava les yeux dans l'eau de la source sacrée de Davit Gareji, et il fut immédiatement guéri.

Plus tard, saint Onuphre souhaita être tonsuré dans le mégaloschème. Le supérieur était hésitant, et il dit Onuphre de rester pendant vingt ou trente jours sur la tombe de saint Davit pour prier et supplier Dieu de révéler Sa volonté. Le saint y resta dans la prière, et après trente jours, Dieu révéla à l'l'higoumène que le Père Onuphre était vraiment digne de cet honneur.

Puis le moine du mégaloschème Onuphre fit vœu de silence et se mit à dormir sur un matelas en lambeaux. Sous ses vêtements, il portait une lourde chaîne, et il ne quittait sa cellule que pour assister aux offices divins.

Bientôt. le bienheureux Onuphre devint tellement épuisé qu'il ne pouvait plus se tenir debout. Les frères le supplièrent de se coucher sur un lit et de reposer sa tête sur un oreiller, mais le bienheureux Onuphre ouvrit la bouche pour la première fois depuis sa prise du vœu de silence et dit: "Je fais vœu de finir  mes jours sur cette natte."

Saint Onuphre endurait ses infirmités avec actions de grâces et répétait sans cesse la prière de Jésus. Quand les gens venaient pour recevoir sa bénédiction, il leur souhaitait la bienvenue, en disant: "Laisse-moi embrasser la frange de tes vêtements et te laver les pieds de mes larmes!"

Sentant que la fin de ses jours était proche, saint Onuphre communia aux Saints Dons et, dix-huit jours plus tard, lors de la fête de la Théophanie, il s'endormit dans le Seigneur.

Saint Onuphre fut enterré sur le côté sud de la tombe de Saint Davit de Gareji, près de la fenêtre de l'autel.

L'image de Dieu fut préservée en toi, saint Père Onuphre, car tu pris ta croix et suivis le Christ. Tu enseignas par ton propre exemple que la chair doit être rejetée comme transitoire, tandis que l'âme a besoin de beaucoup de soin étant immortelle. C'est pourquoi ton âme se réjouit avec les anges!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

lundi 9 octobre 2017

ARRIVÉE DE L'ICÔNE D'IVIRON DE LA TRES SAINTE GENITRICE DE DIEU EN GÉORGIE (1989)

Sioni Cathedral's Iveron Icon of the Mother of God
Icône de la Mère de Dieu d'Iviron
Cathédrale de Sioni

Mémoire le 26 Septembre/9 Octobre

Le 26 septembre 1989, une copie de la célèbre icône de la Mère de Dieu d'Iviron, la "Portaitissa", arriva à Tbilissi du monastère Iviron sur le Mont Athos. Avec la bénédiction du Catholicos-Patriarche Ilia II, les moines de la Sainte Montagne avaient peint cette copie exacte comme un symbole d'amour et de gratitude envers le peuple géorgien.

Toute la Géorgie célébra cette journée mémorable. L'icône de la Mère de Dieu d'Iviron arriva de la Sainte Montagne à un moment difficile de l'histoire de la nation, et chaque croyant chrétien perçut son arrivée comme un signe de la bénédiction et de la compassion divine.

Cette journée fut ensuite inscrite au calendrier de l'Eglise géorgienne.

L'icône miraculeuse se trouve maintenant sur ​​le mur nord de la cathédrale de Sioni de Tbilissi.

Ô sainte Reine et Mère de Dieu, la vérité et la guérison jaillissent en abondance de ta sainte icône pour tous ceux qui s'en approchent avec foi et amour. Regarde mes afflictions, aie pitié de mon âme, et guéris mon corps par ta grâce!
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

dimanche 8 octobre 2017

SAINT CATHOLICOS ARSENE LE GRAND († 887)


Mémoire le 25 Septembre/8 Octobre)

Saint Arsène le Grand, élève et fils spirituel de Grégoire (Grigol) de Khandzta, était le plus jeune fils d'un certaine aristocrate, Mirian, de Meskheti dans le sud de la Géorgie.

En chemin vers Abkhazeti, saint Grégoire et ses compagnons Théodore (Tevdore) et Christophe (Kristepore) s'arrêtèrent à Meskheti dans la maison de la famille d'Arsène. Mirian et son épouse, Kravaia, demandèrent aux moines de bénir leurs enfants et, étonné de la vertu des pères, ils confièrent leur plus jeune fils à leurs soins.

Grégoire de Khandzta se rendit ensuite à Abkhazeti pour rendre visite à Théodore et Christophe, et sur le chemin du retour au monastère, il amena avec lui le jeune Arsène, le futur Catholicos de Géorgie, et le jeune Ephrem (Eprem), le futur thaumaturge et évêque d'Atsquri. Les moines Théodore et Christophe voyageaient également avec eux.

Les moines de Khandzta rencontrèrent les jeunes hommes avec grave déplaisir, car les règles du monastère interdisaient la présence de très jeunes gens, mais saint Grégoire assura les frères qu'il s'agissait d'un cas exceptionnel où la sainte volonté de Dieu sera bientôt révélée. Saint Grégoire confia les jeunes hommes à l'éducation de ses compagnons et disciples, les ermites Théodore et Christophe.

Lorsque Arsène atteignit l'âge approprié, son père Mirian contourna le Concile de l'Eglise et fit introniser son fils comme Catholicos de toute la Géorgie de sa propre initiative (il fut aidé par un petit groupe d'évêques et de laïcs). L'interférence de Mirian dans les affaires de la hiérarchie était une offense flagrante à l'Église et aux fidèles.

Un concile d'Église se réunit en Djavakhétie pour se prononcer sur la manière de statuer sur le comportement de Mirian. Les circonstances étaient particulièrement difficiles, puisque le chef du concile, l'évêque Ephrem d'Atsquri, avait grandi avec saint Arsène. Mais la loi d'Eglise confirma le jugement de l'Église et des fidèles, et il fut décidé de demander à Arsène de démissionner comme Catholicos. Au même moment, cependant, saint Grégoire arriva à la réunion et assura les saints Pères que l'intronisation d'Arsène avait été un accomplissement de la sainte volonté de Dieu.

La perturbation fut bientôt calmée et l'amour entre Ephrem et Arsène restauré, et le Catholicos bénit l'ancienne église de Khandzta.

Avec son exemple agréable à Dieu et son amour divin, saint Arsène illumina l'Eglise géorgienne et les fidèles jusques à son dernier jour sur terre.

Saint-Arsen est également commémoré comme un grand historien et philologue. Il est crédité de l'œuvre historique remarquable sur la division des Eglises géorgienne et arménienne. Dans cette exposition saint Arsène prouve logiquement que l'Eglise géorgienne avait résolument suivi le chemin du  christianisme véritable tout au long de l'histoire, tandis que l'Eglise arménienne s'était écarté du droit chemin quand elle avait accepté l'hérésie monophysite. A sa plume sont également dues de nombreuses hymnes remarquables et des Vies de Saints. Son œuvre La vie et le martyre d'Abib (Abibos) de Nekresi est particulièrement digne de mention.

Le Catholicos Arsène le Grand est connu également comme actif bâtisseur d'églises. Il a construit la cathédrale de Tkobi-Erda dans la région de l'Ingouchie (près de l'actuelle Tchétchénie), dans la vallée de la rivière Assa. Saint Arsène mena le troupeau des fidèles géorgiens pendant vingt-sept ans et comparut joyeusement devant le Christ en l'an 887.


Ô saint hiérarque Catholicos Arsène, prie le Dieu Très-Miséricordieux d'avoir pitié de nos âmes!

         Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in


dimanche 1 octobre 2017

Saints martyrs BIDZINA, SHALVA, ET ELIZBAR († 1661)



Mémoire le 18 Septembre/1 Octobre)

Au 17ème siècle, les agresseurs persans rasèrent les églises, les monastères et les forteresses et chassèrent des milliers de familles géorgiennes pour les réinstaller dans des provinces éloignées de la Perse. Les territoires désertés furent gouvernées par des tribus turques d'Asie centrale. Dans la chronique de la vie de Kartli il est écrit: " Il n'était pas été autorisé de prononcer le Nom de Jésus-Christ, sauf dans une poignée de régions montagneuses: Tusheti, Pshavi et Khevsureti."

Mais le Seigneur Tout-Miséricordieux suscita un fort désir chez le vaillant prince Bidzina Choloqashvili de Kakhétie et, avec Shalva et son oncle Elizbar, princes des provinces d'Aragvi et de Ksani, il mena une lutte pour la libération de  la Kakhétie des Tatars[1]. Craignant que l'ennemi, qui avait déjà conquis la Kakhétie, bientôt ne pénètre et ne domine également Kartli, les princes Bidzina, Shalva, et Elizbar unirent les forces de ces deux régions en vue de l'attaque.

Après de longues délibérations, Bidzina annonça son intention à son beau-père, le prince Zaal d'Aragvi. L'âme de Zaal était spirituellement peinée par les malheurs innombrables et les injustices que son pays avait souffert, et il a apporta rapidement son soutien à l'effort commun. Il accepta de participer à l'insurrection de manière anonyme, tandis que les dirigeants de Ksani, Shalva et Elizbar commanderaient les armées.

Dans la nuit sans lune du 15 Septembre 1659, fête de l'Église d'Alaverdi, [2] l'armée unie de toute la Géorgie orientale s'assembla et traversa les montagnes, après le village d'Akhmeta, et lança une attaque surprise contre les Perses depuis la Forteresse de Bakhtrioni et l'église d'Alaverdi. Les armées de l'envahisseur étaient tellement atterrées que leur chef, Salim Khan, gouverneur perse de Kakhétie, réussit à peine à échapper aux vengeurs, après avoir abandonné sa famille et  son armée.

L'armée géorgienne victorieuse offrit des prières d'action de grâce au Seigneur Dieu et au mégalomartyr Georges, protecteur du peuple géorgien, qui était apparu visiblement à tous au cours de la bataille, sur son cheval blanc, comme un éclair, et conduisant les Géorgiens à la victoire.

La joie fut grande, mais de courte durée. Le Shah Abbas II (1642-1667) furieux  ordonna au roi Vakhtang V de Kartli (1658-1675) de lui livrer ceux qui avaient provoqué l'insurrection. Certain qu'ils ne recevraient aucune miséricorde du shah, les libérateurs héroïques de Géorgie partirent néanmoins pour la Perse sans se plaindre. Le shah les reçut avec respect et leur donna généreusement des cadeaux, mais exigea ensuite qu'ils renoncent à la foi chrétienne. Ni la corruption ni la flatterie purent briser leur volonté, de sorte que le Shah ordonna à ses serviteurs de les arrêter et de les torturer, de les dépouiller de leurs vêtements, de les jeter, liés, sous un soleil de plomb. Tourmentés par la soif et les piqûres d'insectes, les martyrs furent périodiquement tentés de renier le Christ, mais avec l'aide de Dieu ils résistèrent à toutes les tentations.

Enfin, Salim Khan en colère, le vassal de Shah Abbas, ordonna la décapitation d'Elizbar et Shalva, espérant par cette volonté briser Bidzina. Mais ses efforts furent vains. "Il n'y a rien de plus doux que la mort pour l'amour du Christ!" proclama Bidzina.

Les princes de Ksani baissèrent calmement la tête, mais les bourreaux trop petits ne pouvaient pas atteindre les princes majestueux avec leurs épées. Ainsi, les sbires du shah coupèrent chacun des princes en deux aux tibias, puis les décapitèrent après qu'ils soient réduits à une hauteur accessible pour eux.

Mais même le meurtre de ses compagnons ne fit pas chanceler la volonté de saint Bidzina. Alors les ennemis résolurent de briser sa volonté par la moquerie. Ils drapèrent le prince lié dans un tchador, assis sur un âne, et le firent défiler dans les rues. Puis ils commencèrent à le massacrer vivant. Un par un, ils coupèrent les doigts et les orteils, puis ils lui coupèrent les mains et les pieds, puis ses bras et ses jambes, jusqu'à ce que sa tête seule reste indemne. Il était clair d'après le mouvement de ses lèvres que le saint martyr priait.

Puis l'un des persécuteurs lui perça le cœur avec une lance. Ceci advint en l'an 1661. Les corps mutilés des saints martyrs restèrent é découvert une journée, et personne ne fut autorisé à se rendre auprès d'eux. Pendant la nuit, ils furent éclairés par une lumière brillante.

Ensuite, un groupe de chrétiens enterrèrent secrètement les restes des saints. Quelques années plus tard l'épouse de saint Shalva, Kétévan et son fils David envoyèrent plusieurs fidèles en Perse pour ramener leurs reliques. Des foules de croyants se rassemblèrent à la frontière de Kartli pour accueillir les saintes reliques et les accompagner avec des chants de joie à leur dernière demeure à l'église des Archanges d'Ikorta.

Ô saints Bidzina, Shalva, et Elizbar, revêtus de vertus divines, béni soit le sol qui fut saturé par votre sang et bénies les tombes qui reçurent vos corps précieux. Vous avez mis en déroute l'ennemi sur le champ de bataille et courageusement prêché le Christ notre Dieu. Suppliez l'Ami  des hommes d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

[1] Le gouverneur perse de Kakhétie, Salim Khan (1656-1664), avait encouragé les tribus tatares à profaner les églises chrétiennes.

[2] Fête de saint Joseph d'Alavardi