Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

lundi 26 septembre 2016

SAINT REINE MEGALOMARTYRE KETEVAN († 1624)


Commémorée le 13/26 Septembre


La sainte Reine mégalomartyre Kétévan était la fille d'Ashotan Mukhran-Batoni, dirigeant éminent de la famille royale Bagrationi. Ketevan, intelligente et pieuse, fut mariée au prince David (Davit), héritier du trône de Kakhétie. Le père de David, le roi Alexandre II (1574-1605), eut deux autres fils, Georges et Constantin, mais conformément à la loi, le trône appartenait à David. Constantin se convertit à l'islam et grandit dans la cour du shah persan Abbas Ier.

Plusieurs années après David et Kétévan se marièrent, le roi Alexandre quitta le trône et fut tonsuré moine à Alaverdi. Mais au bout de quatre mois, en l'an 1602, le jeune roi Davis décéda subitement. Son épouse Kétévan, et ses deux enfants - un fils, Teimuraz, et une fille, Hélène - lui survécurent, et son père monta sur le trône une fois de plus.

En entendant parler de la mort de David et du retour d'Alexandre sur le trône royal, le Shah Abbas ordonna au plus jeune fils d'Alexandre, Constantin-Mirza, de se rendre à Kakheti, d'assassiner son père et son frère cadet, Georges, et de s'emparer du trône de Kakhétie.

Conformément aux instructions, Constantine-Mirza décapita son père et son frère, puis envoya leurs têtes, comme un don précieux, au Shah Abbas. Leurs corps sans têtes, il les envoya à Alaverdi. [1] La Reine veuve Kétévan fut épargnée pour enterrer son beau-père et son beau-frère.

Mais Constantin-Mirza était toujours insatisfait, et il proposa de prendre la reine Kétévan pour épouse. Indigné par sa proposition, les nobles de Kakhétie se soulevèrent, et tuèrent le jeune homme qui avait commis le parricide et profané sa foi et le trône. Après avoir enterré le méchant Constantine-Mirza avec les honneurs dignes de son ascendance royale, Kétévan envoya des dons généreux à Shah Abbas et lui demanda de proclamer son fils Teimuraz, héritier légitime du trône. Alors qu'elle était en attente de sa réponse, Kétévan assuma la responsabilité personnelle du gouvernement de Kakhétie.

Craignant que, s'il rejetait cette demande, le Kakheti serait forcée de se séparer de lui et de s'unir avec Kartli, le Shah Abbas s'empressa d'envoyer le prince Teimuraz en Géorgie, chargé avec de grandes richesses.

En 1614, Shah Abbas informa le roi Teimuraz que son fils serait pris en otage, et Teimuraz fut contraint d'envoyer son jeune fils Alexandre et sa mère Kétévan en Perse. Comme une dernière tentative pour diviser la famille royale de Kakhétie, le Shah Abbas demandé que le prince aîné, Levan, soit amené devant lui, et finalement il appela le roi Teimuraz lui-même.

Les intentions du Shah étaient claires: garder toute la famille royale en Perse et envoyer ses propres vice-rois pour gouverner en Kakhétie. Il chercha à éliminer également le roi Luarsab II de Kartli ainsi, mais Teimuraz et Luarsab décidèrent d'attaquer l'armée perse avec des forces interarmées et de chasser l'ennemi hors de la Géorgie.

Le Shah Abbas envoya ses otages, la reine Ketevan et ses petits-fils, au plus profond de la Perse, tandis que lui-même lançait une attaque sur la Kakhétie. Par le feu et l'épée, le souverain impie pilla toute la Géorgie.

Le palais royal fut rasé, églises et monastères furent détruits et des villages entiers furent abandonnés. Par ordonnance du Shah, plus de 300.000 Géorgiens furent exilés en Perse, et leurs maisons furent occupées par des tribus turques d'Asie centrale. La faim et la violence régnèrent sur la Géorgie.

Les rois géorgiens défaits Teimuraz et Luarsaba cherchèrent refuge auprès du roi Georges III d'Imereti.

Après avoir passé cinq ans en exil à Chiraz (Perse), les princes Alexandre et Levan furent séparés de Kétévan et castrés à Ispahan. Alexandre ne put supporter la souffrance et il mourut, alors que Levan devint fou.

Sainte Kétévan, quant à elle, resta prisonnière du gouverneur de Perse du sud, de souche géorgienne. l'imam Quli Khan-Undiladzé, qui considérait la reine veuve de Kakhétie avec un grand respect. Sur son ordre, Kétévan ne découvrit pas le sort de ses petits-fils.

La reine Kétévan passa dix ans en prison, en priant pour sa patrie et ses proches avec toutes ses forces et en s'astreignant à un régime ascétique rigoureux. Le jeûne et la prière constants, et un lit de pierre épuisèrent son corps autrefois choyés, mais dans son esprit, elle était courageuse et pleine de vitalité. Elle s'occupait de ceux qui étaient assignés à ses soins et les instruisait dans la vie spirituelle.

Après un certain temps Abbas décida de convertir Kétévan à l'islam, et il annonça son intention de l'épouser. Il demanda que sa proposition lui soit transmise le même jour où elle fut informée du sort de ses petits-fils. Comme condition de leur mariage, Abbas insista pour que Kétévan renonce à la foi chrétienne et se convertisse à l'islam. Dans le cas de son acquiescement, l'Imam Quli Khan devait la respecter et l'honorer comme une reine, et dans le cas de son refus, il devait la soumettre à la torture publique. L'imam alarmé supplia la reine de soumettre à la volonté du shah et de se sauver, mais la reine refusa fermement et commença à se préparer pour son martyre. [2]

La reine Ketevan fut vêtue en habit de fête et conduitr à une place bondée. Ses persécuteurs la soumirent à une torture indescriptible: Ils lui placèrent un chaudron de cuivre rouge sur la tête, arrachèrent à sa poitrine avec des pinces chauffées, percèrent son corps de lances ardentes, déchirèrent ses ongles, clouèrent une planche à sa colonne vertébrale, et enfin lui ouvrirent le front avec une pelle rougie au feu.




L'âme de sainte Kétévan quitta son corps, et les bourreaux jetèrent son corps mutilé aux bêtes. Mais le Seigneur Dieu envoya un miracle: ses saintes reliques furent éclairées par une lumière radieuse.

Un groupe de pères missionnaires augustins français, qui avaient été témoins des tortures inhumaines, enveloppèrent le corps de la Reine Kétévan dans des draps parfumés de myrrhe et d'encens, et l'ensevelirent dans un monastère catholique.

Quelque temps plus tard, les saintes reliques de la mégalomartyre Kétévan furent apportées à son fils, Teimuraz, roi de Kakhétie.

Teimuraz pleura sa mère et ses fils et enterra les reliques avec honneur dans la cathédrale Saint-Georges d'Alaverdi.

Assoiffée d'un saint désir tu souffris de nombreuses blessures, Tu enduras d'innombrables tortures, et tu renonças à la majesté terrestre pour te rapprocher du Royaume des Cieux. Ô trois fois bienheureuse Kétévan, supplie le Christ-Dieu d'avoir pitié de nos âmes!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in





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