Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 18 octobre 2016

VÉNÉRABLE GREGOIRE DE KHANDZTA († 861)

Mémoire  le 5 /18 octobre


Notre Père saint Grégoire (Grigol) de Khandzta fut élevé à la cour du souverain Nerse de Kartli. Sa famille faisait partie de l'aristocratie de Mskheta. Il reçut une éducation digne du noble rang de sa famille et fit preuve d'une aptitude spéciale pour les sciences et la théologie.

Le jeune homme choisi par Dieu était extraordinairement dévoué à ses études. En peu de temps il mémorisa les Psaumes et se familiarisa avec les doctrines de l'Eglise. Il apprit aussi plusieurs langues et connaissait de nombreuses œuvres théologiques par cœur.

Alors que Grégoire était encore jeune, ses proches exprimèrent le souhait de le voir entrer dans le sacerdoce. Le jeune sage avait aspiré à la vie spirituelle dès le début, mais il ne s'estimait pas prêt à assumer une telle énorme responsabilité. "Mon orgueil m'empêche d'accomplir votre désir," leur dit-il.

Enfin, il accepta d'être ordonné prêtre, mais les princes locaux cherchèrent à le consacrer évêque. Effrayé à l'idée, Grégoire s'enfuit secrètement au sud-ouest la Géorgie avec trois compagnons aux vues similaires: son cousin Sabbas [Saba] (futur évêque et rénovateur du monastère d'Ishkhani,Théodore [Tevdore[ (constructeur du monastère de Nedzvi [Akhaldaba]), et Christophe [Kristepore] (constructeur du monastère de saint Cyrique Dviri). Les quatre frères étaient unis par la foi et l'amour de Dieu et liés par un seul désir, comme s'ils étaient une seule âme existant dans quatre corps. Les frères arrivèrent au monastère de Saint-Jean-Baptiste d'Opiza et se présentèrent devant l'higoumène Georges (Giorgi). Avec sa bénédiction, ils œuvrèrent là pendant deux ans.

Alors saint Grégoire rendit visite au moine Khvedios, l'ermite juste de Khandzta. Avant l'arrivée de Grégoire, Khvedios avait reçu un signe de Dieu qui indiquait que le monastère serait construit à Khandzta par les mains du prêtre Grégoirel. Il lui fut révélé que les prières de Père Grégoire étaient si saintes que leur parfum d'agréable odeur s'élevait devant Dieu comme un encens. Le moine  montra les environs à saint Grégoire, et ce dernier futt tellement attiré par cet endroit qu'il revint bientôt là-bas avec les autres frères et commença à construire un monastère.

Les moines furent forcés de construire le monastère dans des conditions difficiles, car la terre était rocheuse et montagneuse, et ils n'étaient pas équipés avec les outils appropriés. Ils construisirent d'abord, une église en bois, puis quatre cellules et une salle à manger.

Un certain aristocrate du nom de Gabriel Dapantchouli vivait à proximité, et Grégoire se tourna vers lui pour demander de l'aide pour la construction du monastère. Avec grande joie, il fit don de la pierre, du travail et de la nourriture nécessaire pour que ce digne projet soit réalisé. De cette manière, fut créée la première église du monastère de Khandzta.

Gabriel informa le saint  Ashot Kouropalates au sujet de l'activité des frères, et le roi invita leur chef, saint Grégoire, au palais. Il le reçut avec de grands honneurs, lui demanda de bénir la famille royale, et s'enquit en détail de la vie et des labeurs des saints moines. Puis il fit à Grégoire un généreux don pour le monastère et, ayant appris que le terrain de Khandzta ne pouvait être cultivé, il dota le monastère d'une grande parcelle de terre fertile à Shatberdi. Les fils du roi Ashot, les princes Adarnerse, Bagrat et Guaram, firent également de généreux dons au monastère.


L'église du monastère de Khandzta, dans l'actuelle Turquie

Et ainsi, pendant la sanglante période de domination arabo-musulmane, lorsque le peuple géorgien avait sombré dans un profond désespoir, le désert se Klarjeti fut transformé en une oasis vivifiante vers laquelle les plus grands fils de la nation affluèrent.

Les règles du monastère étaient strictes. Dans chaque cellule de moine, il n'y  avait rien, si ce n'est un petit lit rigide et une petite cruche d'eau. Ni feux, ni bougies n'étaient allumés à l'intérieur.

Saint Grégoire fut connu dans toute la Géorgie. À la demande du roi Demetre II d'Abkhazeti (837-872), le Père Grégoire construisitt un monastère dans le village d'Ubisi dans l'Imereti et il nommé son disciple Hilarion de Jérusalem comme higoumène. Il construisit ce monastère, à la frontière de l'ouest et de l'est de la Géorgie et, ce faisant, il prévoyait l'unification des deux royaumes.

Le Seigneur accomplit de nombreux miracles par saint Grégoire. Un jour, le sonneur de cloches de l'église approchait de la cellule de l'higoumène et il vit une lumière venant de l'intérieur. Il savait que saint Grégoire n'avait allumé ni un feu, ni sa lampe à huile, et il eut peur, croyant qu'un incendie pourrait avoir démarré dans la cellule de l'higoumène. Comme cela fut avéré, d'autres avaient été témoins des semblables miracles: quand le saint était en prière, il brillait comme le soleil, et des faisceaux de lumière émanaient de son corps sous la forme d'une croix.

Le vénérable Grégoire tenait fermement à la défense de la morale, et il accusa même le roi Ashot Kouropalates lorsque son comportement fut en contradiction avec les valeurs du peuple géorgien.

Grégoire avait uni ses compagnons dans leur amour de Dieu, mais parmi les roses apparut une épine. Un certain Tskir, protégé de l'émir Sahak de Tbilissi, complota pour obtenir le siège épiscopal d'Anchi. Il prit de force le contrôle de la cathédrale d'Anchi et y commit de nombreux blasphèmes. Le clergé, et en particulier le vénérable Grégoire, condamnèrent son comportement, mais Tskir consumé par l'orgueil, engagea un tueur pour éliminer saint Grégoire. Tel un prophète, saint Grégoire prévoyait le danger imminent, mais il alla quand même à sa rencontre. En approchant de sa victime, tandis qu'il était encore à une certaine distance de lui, le meurtrier vit une lumière brillante qui enveloppait le père saint. Il se figea de peur, et sa main se déssécha immédiatement. Seules les prières de saint Grégoire purent le guérir et lui permettre de rentrer chez lui.

L'Eglise excommunia Tskir, et il s'enfuit se réfugier auprès de l'émir. Avec l'aide de Sahak, il revint sur le trône d'Anchi et envoya un détachement militaire pour détruire le monastère de Khandzta.

Les moines de Khandzta et leur higoumène rencontrèrent les assaillants avec humilité et demandèrent du temps pour célébrer la Liturgie dominicale. La fraternité entière pria en pleurant vers le Seigneur pour sauver le monastère. La Liturgie n'est pas encore terminée quand un messager arriva d'Anchi pour annoncer que Tskir était mort subitement.

Vers la fin de sa vie saint Grégoire passa la plupart de son temps au monastère de Shatberdi, qu'il avait lui-même construit. Quand il reçut le signe que sa mort approchait, il distribua des cierges dans tous les monastères du désert de Klarjeti et demandé qu'ils soient allumés le jour de sa mort. Il demandé à tous de se souvenir de lui et dit adieu à Khandzta.

Le jour de son repos en Christ, les saints pères de tous les coins de Klarjeti se réunirent pour recevoir la bénédiction finale de leur maître. Grégoire les bénit, les exhorta pour la dernière fois, et rendit son âme à Dieu.

Quand il rendit son dernier soupir, une voix se fit entendre du Ciel, lui disant: «N'aie pas peur de venir, ô vénérable serviteur de Jésus-Christ, car le Christ, le Roi des cieux, t'a Lui-même oint, ô ange terrestre et homme céleste. Maintenant, viens et approche de ton Seigneur avec grande joie et prépare-toi à l'exaltation, car tu es béni entre les saints et ta gloire éternelle a été préparée! "

Riche en bénédictions et parfait en sagesse, paissant justement les habitants du désert, saint Grégoire de Khandzta reposa en Christ le 5 octobre 861, à l'âge de 102 ans. Conformément à sa volonté, il fut enterré parmi ses frères dans le monastère de Khandzta.

Tu as reçu le joug du Christ, tu portas sa Croix sur tes épaules, et tu souffris dans ta chair Sa souffrance divine. Par tes labeurs sacrés,  tu eux part à Sa gloire divine et tu acquis la récompense de Sa grâce, ô Père saint Grégoire!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

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