Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

samedi 11 février 2017

SAINT ROI MARTYR ACHOT KOUROPALATES (+829)

St. Ashot Kuropalates of Tao-Klardjeti

Mémoire le 26 janvier/11 février/ 

En l'an 786, Achot, fils d'Adarnerse, monta sur le trône de Kartli. Dès le début de son règne, il se battit farouchement pour la réunification de la Géorgie. Sa première étape consista à tirer parti de la lassitude des musulmans arabes et de les bannir de Tbilissi.
      Trois années passèrent et, sous la direction d'un nouveau dirigeant, les musulmans revigorés, commencèrent à pourchasser Achot. Le roi fut obligé de fuir après avoir tardé à prendre des mesures contre eux. L'ennemi avait de nouveau conquis Tbilissi.
      Achot fut contraint de quitter Kartli, et il partit pour Byzance avec sa famille et sa petite armée. Les réfugiés se rendirent jusques à Djavakheti dans le sud de la Géorgie et s'arrêtèrent près du lac de Paravani pour se reposer. Mais pendant qu'ils dormaient, une armée sarrasine assaillit le camp. L'armée du roi fut condamnée, mais "Dieu aidé Achot Kouropalates et sa maigre armée. Il leur donna la puissance, et ils ont vaincu un ennemi en grande supériorité numérique." Le roi fut profondément ému par l'intervention miraculeuse de Dieu et il décidé que, plutôt que de se mettre en chemin pour Byzance comme il l'avait prévu, il resterait dans la région de Chavshet-Klarjeti.
      A cette époque, le sud de la Géorgie souffrait de grandes calamités. Une épidémie de choléra intensifiait les luttes d'un peuple ravagé par un ennemi impitoyable. Très peu survécurent, mais ce reste impuissant et las accepta Achot Kouropalates comme son nouveau chef, et le roi commença tout de suite à restaurer la région.
      Achot Kuropalates restaura le château d'Artanuji, qui avait initialement été construit par le roi Vakhtang Gorgasali et plus tard ravagé par le général Arabe Marwan "le sourd". Achot fonda une ville voisine et la proclama résidence de la famille royale de Bagrationi Klarjeti. Il construisit également un église en l'honneur des saints Pierre et Paul. Comme il est écrit: "Dieu a accordé à Achot Kouropalates une grande puissance et beaucoup de victoires."
      La région de Klarjeti prit une vie nouvelle, et grâce aux efforts de saint Grégoire (Grigol) de Khandzta et ses compagnons, l'ancienne friche fut transformée en un quartier animé avec des églises, des monastères et des écoles. Les nobles géorgiens commencèrent bientôt à voyager à Klarjeti à à forger l'avenir de leur nation avec le roi Achot et les autres dirigeants qui craignaient Dieu.
     Achot Kouropalates n'était pas seulement un chef qui fit vigoureusement campagne pour l'unification de la Géorgie, c'était vraiment un homme pieux d'esprit. Avec grand honneur et joie,  il fut l'hôte du Père Grégoire de Khandzta, homme "céleste et ange terrestre." Père Grégoire bénit le royaume d'Achot et son héritage.
      À ceux qui œuvraient au monastère de Khandzta, Achot Kouropalates accorda les meilleures terres, y compris Shatberdi, pour servir de propriétés rurales, qui fournissaient la nourriture pour le monastère. Ses enfants, Adarnerse, Bagrat et Guaram plus tard, donnèrent une grande partie de leur fortune pour le renouveau des monastères dans le désert de Klarjeti. (1) 
      Mais après quelque temps, le roi Achot habituellement vertueux tomba amoureux d'une certaine femme. Il oublia son honneur, ses réalisations et sa fidélité à Dieu et la nation et l'emmena au château d'Artanuji, domaine qui avait été construit pour la reine. Saint Grégoirel, cependant, entendit parler de cette relation adultère du roi et en devint extrêmement triste.
      Il confronta le roi à son comportement, et Achot désespéré promis de quitter la femme, mais il ne pouvait se résoudre à remplir sa promesse. Alors Père Grigol l'emmena au monastère de Mere et la remis à l'higoumène, Mère Fébronie (Pebronia), sans le dire à Achot. Après avoir entendu ce qui s'était passé, le roi Achot plaida avec Mère Fébronie pour qu'elle lui rende la femme, mais l'higoumène refusa. A la longue,Achot ls'inclina devant moniale et se repentit, en disant: "Heureux l'homme qui n'est plus en vie dans ce monde. "
      Le roi redécouvrit son amour pour Dieu et pour son pays, et il se prépara à retourner à Kartli. Mais ses plans furent déjoués quand un certain guerrier musulman du nom de Khalil envahi, conquit les terres de Kartli, d'Hereti et de Kvemo Kartli.
      Achot envoya ses hommes  rassembler une armée, mais avant que les troupes n'aient été rassemblées, les Sarrasins attaquèrent et le forcèrent à fuir. Le roi se rendit ensuite à la Gorge de Nigali avec l'intention d'agrandir son armée. Certains des soldats conscrits s'avérèrent être des traîtres , et quand le roi découvrit la trahison, il était déjà trop tard. Il se caché dans une église, mais les impies le trouvèrent et le poignardèrent à mort dans le sanctuaire. "Ils l'ont assassiné sur l'autel, comme on abat un agneau de sacrifice , et son sang y reste jusque à ce jour", écrit Soumbat, le fils de David, dans son livre Vies des Bagration.
      Ainsi, le premier roi, Bagration "un croyant, par lequel l'héritage du peuple géorgien fut créé", a également été un martyr. Les Géorgiens ont pris leur revanche sur les assassins de leur roi bien-aimé. Quand le peuple de Doliskana entendit dire qu'Achot avait été tué, ils poursuivirent ses meurtriers et les tuèrent près de la rivière Tchorokhi. Le vénérable Grégoire et le peuple géorgien pleurèrent amèrement la perte de leur roi et de leur espérance. Les Les reliques de saint Achot furent enterrées dans l'église des Saints Pierre et Paul qu'il avait lui-même construite.

Ô glorieux saint martyr Acho Kouropalates, prie le Christ qui illumine les hommes de Son rayonnement, pour sauver les enfants de Son Eglise!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in




(1) უდაბნო /Oudabno en géorgien. Traduit par "désert", ces lieux déserts où les ermites et leurs demeures attiraient souvent les moines et les pieux laïcs, alors que la renommée de ces saints hommes se propagageait. Au cours des siècles, avec la fondation de nombreux monastères, ces déserts sont devenues de véritables villes et conservèrent seulement le nom de "désert" dans un sens figuré




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