Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

samedi 25 mars 2017

Restauration de l'autocéphalie de l'Église apostolique géorgienne


Fête le 12/25 Mars

      Selon la sainte Tradition, après la Pentecôte, lorsque les Apôtres tirèrent au sort pour déterminer qui prêcherait l'Evangile dans les différentes parties du monde, la Très Sainte Génitrice de Dieu reçut la Géorgie comme son apanage. Mais le Christ apparut à la Mère de Dieu et lui dit d'envoyer l'apôtre André le protoclyte (premier appelé) à sa place. Donc, elle bénit André pour entreprendre cette grande tâche et lui remit une icône d'elle-même "Non-faite-de-main-d'homme."
      Saint André et saint Simon le Cananéen prêchèrent l'Evangile d'abord dans la région du sud-ouest de la Géorgie en Atchara, puis le long de la mer Noire, en direction nord, le long de la côte. Saint Simon resta dans le nord-ouest, en Abkhazeti, et y reposa en Christ (il est enterré à Anakopia). Les apôtres Matthias et Barthélemy visitèrent la région de Kartli à un autre moment. Les reliques de saint Matthias sont enterrées dans le village de Gonio en Atchara.
      Au début du 4ème siècle, avant que le christianisme ne soit déclaré religion d'Etat en Kartli, royaume est de la Géorgie, une hiérarchie de l'Église existait déjà dans l'ouest de la Géorgie, en Bichvinta. L'évêque de Bichvinta participa au premier concile œcuménique.
      Après que le christianisme ait été déclaré religion officielle de l'Empire romain au début du 4ème siècle, sainte Nino arriva en Géorgie pour prêcher la parole de Dieu pendant le règne du roi Mirian et de la reine Nanade Egaux-aux-Apôtres. Puis, à la demande du roi Mirian, saint Constantin le Grand envoya un certain évêque Jean (que le premier Concile œcuménique de Nicée intronisa en tant que Patriarche d'Antioche en 325), ainsi que deux prêtres et un diacre, pour baptiser le peuple géorgien. Cet événement marqua la fondation de l'Eglise géorgienne et l'union des fidèles géorgiens au saint siège d'Antioche.
      En l'an 472, sous le règne de saint roi Vakhtang Gorgasali, un certain évêque Pierre (Petre) fut intronisé comme premier Catholicos de Kartli, et un prêtre Samuel (Samoel) fut élevé au rang d'archevêque. Le roi Vakhtang établit douze diocèses pendant son règne.
      Il est écrit que "à partir de ce moment le Catholicos gouverna Kartli." Depuis l'époque du roi Vakhtang Gorgasali, par conséquent, l'Eglise géorgienne avait sa propre hiérarchie pour gérer les affaires internes, les ordinations, et l'installation des évêques. L'Église était devenue auto-suffisante.
      A l'époque de l'empereur Constantin V "Copronyme" (743-775) et du Patriarche d'Antioche Théophylacte, un groupe de prêtres géorgiens se rendirent à Antioche pour informer le Patriarche au sujet de plusieurs problèmes urgents auxquels l'Église géorgienne devait faire face. Au cours de cette visite, le Concile local d'Antioche accorda l'autorisation à l'Eglise géorgienne de consacrer ses propres catholicos, et en retour, il fut demandé à l'Eglise géorgienne de payer mille drachmes et d'importer son saint chrême d'Antioche. En outre, l'Eglise géorgienne fut invitée à commémorer le Patriarche d'Antioche en première pendant les offices divins.
      Plus tard, sous la direction du saint hiérarque Ephrem (Eprem) d'Atsquri, l'Eglise géorgienne apostolique reçut la permission de bénir son propre saint chrême : "Par un décret d'Ephrem serviteur du Christ, Kartli commença à bénir son propre saint chrême", écrit saint Georges (Giorgi) Merchule dans la Vie de Saint Grigol de Khandzta. (A notre époque, l'archevêque Anania Japaridze, historien de l'Eglise géorgienne, a fait des recherches à ce sujet et a conclu que le 4ème siècle de l'Eglise géorgienne préparait déjà et bénissait le saint chrême à Mtskheta). A partir de ce moment-là, les Géorgiens n'ont importé d'Antioche que les parfums pour le saint chrême.
      Tout au long des siècles l'Eglise géorgienne éduqua, éleva et nourrit son peuple, malgré les menaces constantes de la part du monde musulman. A partir du 6ème siècle, quand saint Jean (Ioane) et ses douze disciples arrivèrent en provenance de Syrie, les terres géorgiennes émergèrent comme un bastion du monachisme orthodoxe.
      Puis, au 11ème siècle, l'église d'Antioche propre Eglise-sœur de Géorgie commença à agir sévèrement dans les questions relatives à l'Eglise géorgienne et les saints pères furent mis au défi de défendre l'autocéphalie et l'honneur apostolique de leur église. Après un affrontement près de la Montagne Noire entre les moines de l'Eglise d'Antioche et ceux de Géorgie, l'un des moines de la laure de Saint-Siméon le Jeune calomnia les moines géorgiens vivant là devant le Patriarche d'Antioche Théodose III. "Nous n'avons aucune preuve de ce qu'ils croient," avoua-t-il.
      En réponse, saint Georges (Giorgi) de la Sainte Montagne affirma les racines apostoliques de l'Eglise géorgienne et souligna que l'Eglise géorgienne était restée inébranlable dans la foi depuis sa conversion, tandis qu'Antioche avait failli. "Nous croyons en un seul Dieu, nous ne L'avons jamais renié, et nous ne nous sommes jamais détournés de lui pour aller à l'hérésie. En outre, " affirma-t-il avec une certaine mesure d'esprit", il est préférable que le cadet obéisse à l'aîné, et puisque Pierre était plus jeune que son frère André, il est plus approprié pour votre église de suivre l'exemple de la nôtre. "(L'Eglise d'Antioche  fut fondée par l'apôtre Pierre.)
      L'indépendance de l'Eglise géorgienne est clairement énoncé au huitième alinéa du traité Giorgievsk (le document qui amena officiellement la Géorgie sous "protection" russe) de 1783. Mais en 1801, le Tzar Alexandre Ier de Russie signa un manifeste selon lequel la Géorgie perdait son indépendance et était jointe à la Russie sous la forme de deux provinces. Les fonctionnaires étrangers envoyés pour statuer en Géorgie commencèrent à interférer considérablement dans les affaires de l'Eglise, et il devint vite évident que le gouvernement russe avait l'intention d'abolir l'autocéphalie de l'Eglise géorgienne et de la subordonner au Synode russe.
      Le 10 Juin 1811, le Tzar Alexandre convoqua Anton II, Patriarche de toute la Géorgie, à sa cour et à partir de là l'envoya en exil. Pendant une dizaine d'années, la Géorgie n'avait ni roi ni chef spirituel, et les gens commencèrent à perdre leur conscience de l'indépendance politique et spirituelle.
      Il s'ensuivit une période de grande difficulté dans la vie de l'Eglise géorgienne. L'Eglise fut subordonnée au Synode russe par un exarque, ou son représentant du synode. De 1811 à 1817, le noble géorgien Varlaam servit comme exarque, mais après son terme, tous les exarques suivants étaient russes par filiation. L'ignorance des exarques étrangers de la langue géorgienne, des traditions, des saints locaux, et des fêtes donnèrent lieu à de nombreux conflits entre le clergé étranger et les croyants orthodoxes géorgiens. Les plus méprisables exarques volèrent de très belles pièces de bijoux et de chefs-d'œuvre artistiques d'émaux géorgiens et les envoyèrent en Russie. De nombreuses cathédrales furent laissées tomber en ruine, et le nombre de diocèses en Géorgie chuta de façon spectaculaire de vingt-quatre à cinq. Les offices divins en langue géorgienne et les chants polyphoniques anciens furent remplacés par des services en slavon et par la musique de l'Église post-pétrinienne russe.
      La domination russe de l'Eglise suscita une chagrin et une indignation considérable dans le peuple géorgien, et la preuve des activités anti-géorgiennes des exarques exacerbèrent son mécontentement. Malgré les sages remontrances de nombreux startsy russes à respecter l'apanage affecté par le sort à la Mère de Dieu et la conversion convertis par les saints apôtres eux-mêmes, des crimes effroyables continuèrent d'être commis contre l'Eglise et la nation géorgiennes. Des fresques dans les églises furent blanchies à la chaux, et l'icône de la Génitrice de Dieu Khakhouli avec d'autres icônes et objets ornés de précieux or et argent furent volés.
      Au début du 20e siècle, les dirigeants du mouvement nationaliste géorgien et le clergé local commencèrent à lutter pour la restauration de l'autocéphalie de l'Eglise géorgienne. Sous la direction du saint Elie (Ilia) le Juste, une délégation de nobles géorgiens affronta le représentant du tzar, le vice-roi du Caucase, Ilarion Vorontsov-Dashkov. Ils demandèrent qu'il commence à prendre des mesures pour rétablir l'autocéphalie de l'Église orthodoxe géorgienne. Le gouvernement russe convoqua une réunion pour discuter de la question, mais la majorité des personnes présentes s'opposa à une Eglise autocéphale géorgienne, et la demande des ambassadeurs géorgiens fut refusée.



Premier Concile après la restauration de l'autocéphalie en 1917, pendant le quel saint Kirion fut élu Patriarche-Catholicos de toute le Géorgie.

      Mais le 12 Mars 1917, le clergé géorgien réussit finalement à restaurer l'autocéphalie de l'Église. Par la grâce de Dieu, toutes les églises orthodoxes géorgiennes étaient en faveur de l'autocéphalie. Dans la même année, ils intronisèrent Kirion II, chef de file du mouvement pour l'autocéphalie, en tant que Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie. Saint Kirion fut plus tard martyrisé au monastère de Martqopi.
      Conformément à la volonté de Dieu et par les vaillants efforts d' Elie (Ilia) II, Catholicos-Patriarche actuel de toute la Géorgie, le patriarche œcuménique de Constantinople reconnut officiellement l'autocéphalie de l'Église orthodoxe géorgienne en 1990. Le 4 Mars de la même année, à la fête du Triomphe de l'Orthodoxie, sa Sainteté Dimitrios, Patriarche de Constantinople donna au Catholicos-Patriarche Elie II une déclaration officielle d'autocéphalie de l'Église orthodoxe géorgienne. Le document proclama également Catholicos-Patriarche Elie II Pasteur en chef de l'Eglise géorgienne.
      Cet événement fut une grande joie et une grande victoire. C'était la reconnaissance finale et triomphale de l'indépendance de l'Église orthodoxe géorgienne.

Ô Seigneur sauve Ton peuple et bénis Ton héritage; accorde à Ton peuple la victoire sur tous ses ennemis, et préserve Ton Royaume par le pouvoir de Ta Croix!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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