Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

lundi 21 août 2017

Vénérable Euthyme (Ekvtime), higoumène du monastère de saint Jean-Baptiste († 1804)



Mémoire 8/ 21 août

Saint Euthyme (Ekvtime) était higoumène du monastère de saint Jean-Baptiste dans le désert de Davit-Gareji. Dans les chroniques du monastère, il est commémoré comme un "homme d'œuvres nombreuses."

Selon l'historien du 19e siècle, le prince Jean (Ioane) Bagration, Euthyme était un philosophe, un théologien et un prédicateur remarquables. Il consacra sa vie à améliorer le monastère et reconstruisit le village voisin de Khashmi, qui avait été complètement rasé par les voleurs Daguestanais. A Khashmi il construisit un moulin et planta une vigne avec une variété de raisins rare. Il orna le monastère et agrandit le domaine entourant le complexe. Selon ses instructions, un grand nombre d'ouvrages théologiques furent traduits, et de nombreux livres rares furent recopiés. St. Euthyme instruisit plusieurs de ses élèves en philosophie et en théologie également.

Après avoir reçu une commission de l'évêque Sabbas (Saba) de Ninotsminda, saint Euthyme composa un hymne acathiste à Sainte Nina-Egale-aux-Apôtres et illuninatrice de la Géorgie.

En 1797, la peste noire éclata à Tbilissi et les habitants fuirent la ville. Comme de véritables anges gardiens, moines et ermites abandonnèrent leurs cellules isolées et arrivèrent pour prendre soin des malades et de ceux qui souffraient. Comme il l'avait fait pour tant d'autres efforts louables, saint Euthyme servit en tant que coordinateur et inspirateur de ces œuvres de miséricorde.

Le pieux Euthyme reposa paisiblement en Christ en l'année 1804.

Ô saint Père Euthyme, "homme aux œuvres nombreuses", prie Dieu Tout-Puissant pour le salut de ceux qui te magnifient!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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mercredi 16 août 2017

Saint Rajden, Protomartyr de l'Eglise géorgienne († 457)



Mémoire le 3/ 16 août

Saint Rajden le Protomartyr était issu d'une noble famille persanne. Quand le saint roi Vakhtang Gorgasali épousa la fille du roi perse Hormouzd III Baloundoucht, la reine emmena Rajden avec elle en Géorgie.

A Kartli Rajden  se convertit à la foi chrétienne, et le roi Vakhtang lui remit un domaine et le nommé conseiller et commandant militaires.

A cette époque, la Géorgie était sous forte pression politique de la Perse. Furieux des convictions clairement chrétiennes du roi Vakhtang, le roi perse Peroz (457-484) attaqua la Géorgie avec une immense armée.

Ses exploits dans ce combat gagnèrent à Rajden sa distinction comme  guerrier courageux et vertueux.

Sous peu, le roi Peroz furieux ordonna qu'un certain aristocrate perse qui s'était converti au christianisme et avait survécu à la bataille, soit fait prisonnier. Les Perses entourèrent Rajden, lui lièrent les mains et les pieds, et le livrèrent à leur roi. Peroz le reçut avec une feinte tendresse, en disant: "Salut, mon  Rajden! La paix soit avec toi! Où étais-tu pendant tout ce temps, et pour quelle raison s-tu renié la foi de tes pères pour confesser un credo dans lequel tes pères ne t'ont pas instruit? "

Razhden sans crainte affirma que le christianisme est la seule vraie foi et que le Christ est le seul vrai Sauveur de l'humanité. Le Roi Peroz tenta de dissimuler sa colère et d'attirer habilement Rajden de son côté, mais sa tentative fut vaine. Convaincu que ses efforts étaient vains, Peroz ordonna finalement que le saint soit battu sans pitié. Les bourreaux experts piétinèrent Saint Rajden, le battirent, lui cassèrent les dents, le traînèrent à travers les falaises déchiquetées, puis l'enchaînèrent dans de lourds fers et le jetèrent en prison.

Quand les nouvelles de la souffrance et de la captivité de Rajden  arrivèrent à Mtskheta, la noblesse géorgienne vint à Peroz et lui demanda de libérer le saint homme. Peroz consentit à leur demande, mais fit jurer à Rajden de revenir.

Rajden arriva à Mtskheta, fit ses adieux à sa famille et au bien-aimé roi Vakhtang Gorgasali et, malgré les avertissements de ses proches de n'en rien faire, retourna vers Peroz. Le roi de Perse essaya de nouveau de faire revenir Rajden  à la religion des adorateurs du feu. Mais voyant qu'il ne pouvait êtrebrisé, Peroz ordonna plutôt son exil dans un camp militaire à Tsromi dans le centre de la Géorgie. Puis il ordonna secrètement au chef du camp des Perses de le détourner du christianisme et de l'exécuter s'il refusait. "Ta flatterie et tes pots de vin sont insultants pour moi. C'est avec joie que je suis prêt à endurer toutes les souffrances pour l'amour du Christ! " répondit Rajden à ses appels.

"S'il espère dans le Crucifié, alors il est également apte à subir la crucifixion!" Tel futt le verdict des Perses. Ils érigèrent une croix, crucifièrent l'humble serviteur de Christ, et s'apprétèrent à tirer sur l'homme pieux avec un arc et une flèche.

"Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit", furent les derniers mots de saint Rajden.

Cette nuit-là un groupe de chrétiens vola la croix de Perses, en descendit le corps du saint martyre, et enterra ses saintes reliques en secret. Quelques années plus tard, Vakhtang Gorgasali transféra les reliques de saint Rajden  de Tsromi à Nikozi (dans le centre de la Géorgie) et les inhuma dans la cathédrale qu'il avait construite peu de temps auparavant. Le saint roi Vakhtang érigea plus tard  des églises en l'honneur du premier martyr de la Géorgie dans Ujarma et Samgori à l'Est de la Géorgie.

Ô astre radieux et grande-martyr Rajden, toi qui t'es détourné de l'impiété pour marcher dans la voie des justes, pour souffrir des épreuves pour le Christ, et qui te distingue parmi les saints, nous les croyants, nous te glorifions par la louange divine. Par ton intercession délivre-nous de toute tentation!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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Les neuf frères Kherkheulidzé avec leur mère et leur sœur et 9.000 martyrs de Marabda († 1625)



Mémoire le 3/ 16 août

Lors de la fête de l'Annonciation en l'an 1625, les Géorgiens anéantirent l'armée du Perse Shah Abbas I dans la bataille de Martqopi. La victoire unifia Kartli et Kakheti, provinces orientales de Géorgie. Cela inculqua également l'espoir à d'autres peuples asservis de Transcaucasie, et les rébellions commencèrent à éclater partout.

Bientôt, Shah Abbas enragé marcha avec sa plus belle et plus grande armée vers la Géorgie sous la direction de Isa-Khan Qourchibash. Une armée géorgienne d'une vingtaine de mille hommes campa près de Kojori-Tabakhmela en préparation de l'attaque, tandis que l'armée de l'ennemi, qui comptait plus de cinquante mille hommes, campait à Marabda. Selon la tradition, les soldats géorgiens reçurent la sainte communion à l'aube avant la bataille.

L'évêque Domenti (Avalichvili) de Ruisi se préparait à offrir les Saints Dons pour les soldats, mais ils crièrent d'une seule voix: "Si tu veux nous rejoindre et prendre ton épée et combattre, alors fais-le. Nous pouvons recevoir la Sainte Communion d'un autre! "

Inspiré par ces paroles, l'évêque les rejoint en proclamant: "Aujourd'hui, nous menerons un combat pour la foi et pour le Christ; donc mon sang doit être versé avant le vôtre!" Avec ses vêtements en guise d'armure, l'évêque bénit les soldats et prit sa place dans la ligne de front.

La bannière de l'armée géorgienne fut confiée aux frères neuf Kherkheulidzé.

Les Perses paniquèrent lors de la rencontre face-à-face avec le courage et la force des soldats géorgiens, mais Isa-Khan Qourchibash, le commandant expérimenté ne faillit pas dans la bataille. De l'aide arriva de Beglerbeg Shaybani-Khan, et avec les forces supplémentaires, les Perses eurent bientôt l'avantage sur l'armée géorgienne. Le colonel géorgien Teimouraz Moukhranbatoni fut mortellement blessé, et les rumeurs de sa mort jetèrent les soldats dans une frénésie, car ils croyaient à tort que le mort était le roi Teimouraz I de Kakhétie, commandant de l'armée. Estimant que leur chef était tombé, les soldats géorgiens devinrent anxieux et leur armée fut affaiblie. Avant longtemps, ils reconnurent leur erreur, mais il était trop tard, le sort de la bataille avait déjà été décidé.

Les chefs militaires David (Davit) Jandieri, Aghatang Kherkheulidzé et Baadour Tsitsichvili et les évêques de Rustavi et Kharchasho tombèrent tous à la bataille de Marabda. Les neuf frères Kherkheulidzé portant la bannière furent également tués. Lorsque la bannière qui avait conduit son armée à travers les batailles de Didgori et Basiani tomba des mains du plus jeune frère, leur sœur se saisit d'elle immédiatement, et quand elle chuta également, la bannière et le symbole de l'invincibilité géorgien furent ressuscités par leur mère.

Le roi Teimouraz combattit jusques au coucher du soleil, lorsque chaque épée qu'il avait tenu dans ses mains était brisée. Même ses anneaux furent brisées dans le combat. L'uniforme du chef militaire Georges (Giorgi) Saakadzé était tachée de sang de haut en bas. Atabeg Manouchar de Samtskhe et ses fils ont également combattu courageusement dans cette bataille.

Totalement épuisé et affaibli par la chaleur, les Géorgiens se sont battus héroïquement jusques au dernier moment. Mais la bataille qui avait commencé à l'aube a finalement pris fin tard dans la nuit avec la défaite de l'armée géorgienne. Neuf mille Géorgiens ont donné leur vie pour le Christ et leur patrie sur le champ de bataille à Marabda.

Dévot dans la foi et dédié aux commandements de Christ, ô saints martyrs de Marabda, priez le Christ Dieu de protéger notre nation et sa sainte Église!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 13 août 2017

Saint Arsène (Arsen), évêque de Ninotsminda († 1082)



Mémoire le  31 juillet/ 13 août

Arsène (Arsen) de Ninotsminda fut un ascète qui œuvra au 11ème siècle. L'histoire nous dit qu'il fut un traducteur, écrivain, calligraphe, et théologien brillants, et en fait l'une des plus grandes figures de l'Église de son temps.

Saint Arsène fut tonsuré moine à Jérusalem, et après quelque temps, il  retourna en Géorgie, où il fut sacré évêque de Ninotsminda. Mais le vénérable Arsène avait envie de mener une vie de solitude, de sorte qu'il approcha le roi David (Davit) Kouropalates pour avoir la permission de démissionner de l'évêché et de s'installer dans un monastère. Le roi honora la demande d'Arsène, et l'homme pieux partit pour le monastère avec Jean (Ioane) Grdzeslidzé, homme de lettres et autre grande figure de l'Eglise. Quand les nouvelles de sa décision atteignit le monastère d'Iviron sur le Mont Athos, saints Jean (Ioane) et Euthyme (Ekvtime) invitèrent les pères au Mont Athos, et l'année suivante Arsène et Jean arrivèrent à la Sainte Montagne.

Là, ils aidèrent saint Euthyme dans ses traductions des Saintes Ecritures et de nombreux livres théologiques.

Saint Arsène œuvra fructueusement au monastère d'Iviron pendant de nombreuses années et reposa paisiblement en Christ à un âge avancé. Il fut enterré sur le Mont Athos dans l'église du monastère de Saint-Siméon Stylite. Saint Georges (Giorgi) de la Sainte Montagne transféra plus tard, ses reliques danbs l'ossuaire du catholicon du monastère.

Remarquable dans la vertu et l'accomplissement des commandements du Christ, Père saint Arsène, prie Dieu pour nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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samedi 12 août 2017

Saint Tsotné Dadiani le Confesseur (13ème siècle)


Mémoire le 30 juillet/ 12 Août

Saint Tsotné Dadiani, chef militaire vertueux et le prince d'Egrisi, vivait au milieu du 13ème siècle. En ce temps-là, la Géorgie languissait sous le joug de l'oppression mongole.

Après la mort de la reine Rousoudan, les Mongols commencèrent à extorquer des taxes exorbitantes des princes géorgiens, et ils établirent le service militaire obligatoire pour leurs sujets géorgiens. La situation devint insupportable, et la noblesse géorgienne planifia une rébellion massive contre les envahisseurs.

Réunis au sommet du Mont Kokhta (dans la région de Meskheti du sud de la Géorgie), les dirigeants de toute la Géorgie décidèrent de rassembler les troupes à Kartli et d'attaquer sur un front unique. Tsotné Dadiani et le gouverneur de Racha furent les premiers à rassembler leurs armées.

Mais il y avait des traîtres parmi eux, et les Mongols apprirent la conspiration. Ils encerclèrent le Mont Kokhta, arrêtèrent les rebelles, sauf Tsotné Dadiani et le gouverneur de Racha, et les emmenèrent au souverain mongol à Anis-Shirakavan.

Les prisonniers nièrent toutes les accusations et affirmèrent que le but du rassemblement sur le Mont Kokhta était de recueillir le tribut que les autorités mongoles avaient exigé. Furieux de leur insurrection, les Mongols les mirent à nu, lièrent leurs mains et leurs pieds, les enduisirent de miel , les jetèrent sous le soleil brûlant, et les interrogèrent  tous les jours à propos du rassemblement sur le Mont Kokhta.

Après avoir entendu ce qui s'était passé, Tsotné Dadiani fut bouleversé et il prit sur lui la responsabilité de cette tournure tragique des événements. Escorté par deux serviteurs, il se rendit volontairement à Anis pour donner sa vie et souffrir avec ses frères. Arrivé à Anis et voyant ses parents condamnés à mort, le prince se déshabilla rapidement, s'attacha lui-même, et se coucha à côté d'eux sous le soleil brûlant.

Les Mongols incrédules informèrent leur chef au sujet de l'homme étrange qui s'était volontairement couché à côté de ceux qui avaient été condamnés.

Le souverain le convoqué et exige une explication. "Nous nous sommes réunis dans le seul but de recueillir le tribut et d'obéir à ton ordre.

Si c'était pour cela que mes compatriotes ont été punis, je désire aussi partager leur sort!" Répondit le prince courageux. L'acte chevaleresque de Tsotné fit une impression considérable sur les Mongols, et tous les prisonniers furent remis en liberté.

Tsotné Dadiani n'est pas mentionné dans les récits de la  conspiration suivante contre les Mongols, en l'an 1259. Les historiens pensent qu'il avait déjà reposé en Christ à ce moment.

Les vertus de saint Tsotné Dadiani sont connues de tous dans toute la Géorgie. Son héroïsme et son intégrité sont un exemple de foi, d'amour et de dévotion à chaque génération, et les fidèles de toutes les époques ont honoré son saint nom.

Tsotné Dadiani fut compté parmi les saints le 26 octobre 1999, selon un décret du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe géorgienne.

Tu as donné ta vie et confessé le commandement du Seigneur, étant rendu parfait par le Seigneur. Ô bon saint Tsotne Dadiani, prie Dieu pour nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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vendredi 11 août 2017

Saint martyr Eusthate (Evstati) de Mtskheta († 589)



Mémoire le 29 juillet/ 11 août

Saint Eusthate (Evstati), persan par filiation, était un adorateur du feu nommé Gvirobandak avant son baptême dans la foi chrétienne. Quand il arriva en Géorgie et s'installa à Mtskheta, il fut profondément attiré parr les mœurs et les traditions du peuple géorgien, et il décida de se convertir au christianisme.

Sa décision entraîna un grand risque, car les Perses dominaient l'Est de la Géorgie, persécutant les chrétiens et les forçant tous à adorer le feu, comme ils le faisaient. Le Catholicos Samuel (Samoel), baptisa lui-même Gvirobandak et le nomma Eusthate. Le nouveau converti épousa bientôt une femme géorgienne et fut entièrement assimilé dans la société géorgienne et la vie de l'Église.

Un jour, les Perses qui occupaient Mtskheta invitèrent Evstati à une célébration, mais il refus, en disant: "Je suis marqué du sceau du Christ et très éloigné de toutes ténèbres!"

Après la célébration, les adorateurs du feu signalèrent Eusthate à Oustam, chef de la Forteresse de Mtskheta. Le chef convoqua Eusthate et le menaça, disant: "Tu ne resteras pas chrétien sans punition. Si tu ne renonces pas volontairement à cette voie de malheur, de graves tortures t'attendent! "

Saint Eusthate lui répondit , en disant: "Pour l'amour de Christ, je suis prêt à supporter non seulement la torture, mais même la mort avec joie!" Puisqu'il n'avait pas lui-même le pouvoir de punir Eusthate, Oustam envoya l'accusé au marzban Arvand Goushnasp. Ensuite, les délateurs apparurent de nouveau devant Oustam et indiquèrent que sept autres adorateurs du feu s'étaient convertis au christianisme. Les huit d'entre eux furent liéa de chaînes et escortés à Tbilissi.

Le marzban furieux ordonna à ses serviteurs de raser la tête et la barbe des captifs, de faire des trous dans leur nez, de suspendre un poids autour de leur cou, d'entraver leur corps dans les chaînes et de les jeter en prison. Quiconque reniait le Christ devait être pardonné. Deux des victimes, Bakhdiad et Panagoushnasp, ne purent pas supporter la souffrance et renièrent le Christ.

Le marzban les libéra, tandis que les six hommes saints - Goushnaki, Eusthate, Borzo, Perozak, Zarmil et Stéphane (Stepane) restèrent en prison.

Six mois plus tard Arvand Goushnasp fut convoqué en Perse, de sorte que le Catholicos Samuel, le chef Grégoire (Grigol) de Mtskheta et le noble Arshousha profitèrent de l'occasion pour lui demander de libérer les chrétiens persans emprisonnés. Arvand Goushnasp céda à la demande des dignitaires géorgiens, mais avertit que les convertis chrétiens trouveraient bientôt la mort.

Pendant ce temps, le traître Bakhdiad tomba malade et mourut d'épilepsie, alors que Panagoushnasp vivait dans une terrible pauvreté.

.. Trois ans plus tard Vejan Bouzmir fut nommé nouveau marzban de Kartli, et les prêtres païens rapportèrent à nouveau la conversion d'Eusthate et de Stéphane. Saint Eusthate demanda à voir sa famille et lui dit: "Adieu, car je ne suis pas destiné à revenir à la maison. Je ne vais pas trahir le Christ, et pour cela, ils ne vont pas me pardonner. L'emprisonnement et la décapitation m'attendent à Tbilissi. Mes restes seront amenés ici selon la volonté de Dieu."

Eusthate et Stéphane furent escortés devant le nouveau marzban, et Eusthate déclara devant lui qu'il ne voulait pas renier le Christ. Le marzban furieux ordonna qu'il soit jeté en prison et que sa tête soit coupée la nuit et son corps jeté derrière le mur de la forteresse, pour être mis en pièces par les oiseaux. Selon les directives, les serviteurs du Marzban décapitèrent le saint et jetèrent son corps dans l'abîme derrière le mur de la forteresse.

Mais un groupe de fidèles chrétiens localisèrent le corps de saint Eusthate et l'amenèrent en secret à Mtskheta. Le Catholicos Samuel accueillit les saintes reliques quand elles arrivèrent, et avec grand honneur elles furent enterrées dans la cathédrale de Svetitskhovéli sous la table de l'autel.

À juste titre, tu acquis ton nom honorable, ô invincible martyr Eusthate. Ne cessez pas de protéger ceux qui te chantent !

jeudi 10 août 2017

Vénérable Georges ( Giorgi) du Mont Athos, le Bâtisseur († 1029)


Mémoire le 28 juillet / 10 août

Le vénérable Georges (Giorgi) le Bâtisseur fut le troisième higoumène du monastère d'Iviron sur le Mont Athos. Selon certaines sources, c'était un neveu de Saint Jean (Ioane) le fondateur et premier higoumène du monastère d'Iviron.

Georges fut élevé au rang d'higoumène après que saint Euthyme (Ekvtime) quitta le monastère se rendre à Jérusalem. Sous sa direction, la principale église de la Dormition de la Très Sainte Génitrice de Dieu fut construite. Une inscription sur le mur de l'église est ainsi libellée: "J'établis ces colonnes et elles ne seront pas ébranlées dans les siècles. Moine Georges le Géorgien, le Bâtisseur. "

Pendant la plus grande partie de sa vie, l'higoumène Georges fut très respecté et même vénéré à la cour impériale de Byzance, mais il fut finalement calomnié, accusé de trahison et exilé à l'île de Monovatia, où il reposa en Christ en l'an 1029.

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 6 août 2017

Saint Hilaire (Ilarion) de Tvali († 1041)


Mémoire le 24 juillet / 6 août)

Saint Hilaire (Ilarion) de Tvali (Toulachvili) servit comme higoumène du monastère de Khakhouli dans le sud-ouest la Géorgie au début du 11ème siècle.

Dans son ouvrage La vie de Georges de la Sainte Montagne, Georges (Giorgi) le Minime écrit que le vénérable Hilaire a été remarquable dans la vertu et célèbre pour ses sermons et ses labeurs ascétiques.

Saint Hilaire élevé le jeune Georges de la Sainte Montagne pour en faire un écrivain, un traducteur, un théologien et un patriote brillants. De lui aussi, Georges reçut la bénédiction pour entrer dans la vie monastique.

Selon la chronique de la Vie de Kartli, saint Hilaire fut un traducteur et écrivain célèbre et un éminent théologien.

Finalement, saint Hilaire alla de Khakhouli au monastère Tvali, non loin d'Antioche, où il resta pour le reste de sa vie. Selon l'historien-iconographe du 19e siècle Mikhail Sabinine, saint Hilaire reposa en Christ en l'an 1041.

Remarquable dans la vertu et célébré pour tes grands exploits spirituels, saint Hilaire, prie sans cesse pour nous le Christ notre Dieu!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
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mercredi 2 août 2017

Saint Elie (Ilia) le Juste († 1907)


Mémoire le 20 juillet/ 2 août

Saint Elie (Ilia), appelé le "roi sans couronne de Géorgie", le "Père de la Nation" et " Le Juste", appartenait à la noble famille des Tchavtchavadzé. Il naquit le 27 octobre 1837, dans le village de Qvareli en Kakhétie. Il fit ses études primaires à la maison: sa mère lui enseigna la lecture et l'écriture, la prière et la loi de Dieu. Quand il eut huit ans, Elie fut envoyé étudier avec l'archidiacre Nicolas (Nikoloz) Sépatchvili de Qvareli. Les années qu'il passa là, laissèrent une empreinte indélébile sur la vie de ce saint homme.

Elie poursuivit ses études dans un pensionnat de Tbilissi, et plus tard au gymnase de la cour (lycée). Ses parents moururent à un jeune âge, les enfants orphelins furent confiés à la garde de leur tante Macrine.

En 1857, Elie s'inscrivit à l'école de droit de l'Université de Saint-Pétersbourg. Là, il lut beaucoup et lutta pour s'améliorer en tant qu'individu. Il était fasciné par l'histoire géorgienne et passait beaucoup de son temps dans les archives de Saint-Pétersbourg à la recherche de textes géorgiens anciens. Ses résultats scolaires étaient excellents, mais il n'était pas intéressé à recevoir un diplôme officiel de l'école de droit. Dans sa quatrième année, il abandonna le programme et retourna en Géorgie.

Elie était certain qu'une nation qui oublie sa propre histoire "est comme un mendiant qui ne connaît ni son passé, ni où il va." Pour cette raison, il chercha à inspirer ses compatriotes avec les gloires du passé de leur nation et la fidélité de leur ancêtres à la foi chrétienne et à la nation géorgienne.

La restauration de l'indépendance nationale et de l'autocéphalie de l'Eglise géorgienne étaient les principaux objectifs vers lesquels saint Elie s'efforçait dans chaque aspect de sa vie. Comme moyen permettant d'atteindre ces objectifs, Elie fit le travail d'un historien: Il mena une recherche intensive et exposa ceux qui falsifiaient l'histoire et déshonoraient la nation géorgienne.

Ce grand philosophe, écrivain et historien répétait souvent la déclaration "Un pays dont la langue est corrompue ne peut plus exister en tant que nation." Il se souciait profondément de la langue géorgienne et luttpour s'assurer qu'elle reste la première langue enseignée dans les écoles.

Elie inspir beaucoup d'êtres par son zèle patriotique, et il fonda la Société pour la propagation de l'alphabétisation chez les Géorgiens. Il établit un dépositaire de manuscrits et d'antiquités géorgiennes. De plus, il lança un mouvement de documentation des traditions folkloriques orales et aida à fonder la Banque agraire géorgienne.

Elie le Juste fut souvent entendu déclarer: "Nous, le peuple géorgien, avons hérité de trois dons divins de nos ancêtres: Notre patrie, notre langue et notre foi., Si nous n'arrivons pas à protéger ces dons, quel mérite aurons-nous en tant qu'hommes?"

Mais les bonnes oeuvres d'Elie étaient un affront et une menace pour ceux qui adhéraient à la nouvelle idéologie athée, ils complotèrent pour le faire mourir.

Le 30 août 1907, Elie Tchavtchavadzé et sa femme, Olga (Gouramichvili), venaient de partir de Tbilissi pour Sagouramo lorsque leur voiture s'arrêta brusquement en dehors de Mtskheta, près de la forêt Tsitsamuri. Ils étaient attendus par un groupe de militants sociaux-démocrates qui les attaqué  et tirèrent sur Elie, le tuant.

Le tribunal militaire du Caucase condamna les meurtriers d'Elie Tchavtchavadzé à mort par pendaison. Mais Olga, épouse d'Elie a demandé que le gouverneur général pardonne les assassins de son mari. Elle affirma que, si Elie avait survécu, il aurait fait la même chose, étant donné que les tueurs étaient simplement ses "frères malheureux égarés."

En effet, Elie avait pardonné l'offense de ses meurtriers depuis longtemps, dans son poème prophétique "Prière":

Notre Père Qui es aux cieux!

Avec tendresse que je me tiens devant Toi à genoux;

Je ne demande ni la richesse, ni la gloire;

Je ne vais pas rabaisser ma sainte prière avec des choses terrestres.

Je voudrais que mon âme repose dans le ciel,

Que mon cœur soit rayonnante de l'amour annoncée par Toi,

Je voudrais être en mesure de demander le pardon de mes ennemis,

Même s'ils me transpercent le coeur:

Pardonne-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu'ils font!

En 1987, le Saint Synode de l'Eglise orthodoxe géorgienne a examiné les actes d'Elie Tchavtchavadzé devant Dieu et son pays et l'ont décrété digne d'être compté parmi les saints. Il a été joyeusement canonisé comme saint Elie "Le Justes".

Fils du peuple géorgien et martyr pour ta nation, très glorieux Elie le Juste, prie le Christ Dieu d'avoir pitié de nos âmes!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
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Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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Sainte martyre Salomé la Géorgienne (13ème siècle)


Mémoire le 20 juillet/ 2 août)

Les détails de la vie de sainte Salomé la Géorgienne ne sont pas preservés. Dans le Synaxaire du Monastère de la Sainte Croix de Jérusalem, il est écrit: "En ce jour (20 Juillet) nous commemorons le martyre de Salomé la géorgienne, qui a d'abord cédé aux menaces des perses et renié le Christ, mais a confessé plus tard la vraie foi. Pour cela, elle a été décapitée et jetée dans les flammes ".

Dans son œuvre célèbre Pèlerinage, l'historien et archevêque du 18e siècle Thimotée (Timote Gabachvili) écrit que les Perses impies capturèrent la sainte martyre Salomé et la torturèrent au monastère de la Sainte Croix de Jérusalem pour avoir défendu le nom du Christ.

Ainsi, il apparaît que Salomé œuvra dans l'un des couvents de Jerusalem. on croit qu'elle a été torturée à mort après le martyre de Luc (Luka) de Jérusalem, autour des années 1227-1228.

Ô Christ notre Dieu, sauve nos âmes par les prières de ta sainte martyre Salomé!