Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

lundi 27 février 2017

Saint Hilarion (Ilarion) le Nouveau, le Géorgien (+1864)

St. Ilarion the Georgian of Imeretia and Mt. Athos

Fêté le 14/27 février

Le saint moine mégaloschème Hilarion (Ilarion) le Géorgien (Ise Qantchaveli dans le monde) est né en 1776 dans le village de Losiantkhevi, dans le district Chorapani de Kutaisi. Ses parents, Khakhouli et Mariam Qantchaveli étaient de pieux nobles craignant Dieu.
      Selon la volonté de Dieu, l'oncle d'Ise, le hiérodiacre ermite Stéphane (Stepane), prit soin de son neveu de six ans. Lorsque Stéphane reposa en Christ, Ise alla au monastère Tabakini, mais apprenant qu'un séminaire avait ouvert à Tbilissi, il s'y rendit. Sur son chemin, il rendit visite à un certain évêque Athanasios de Nikozi pour recevoir sa bénédiction, mais l'évêque, ravi des ferventes prières du jeune homme, lui conseilla de retourner chez lui dans sa famille: "Mon fils, tu en apprendras beaucoup plus dans le désert que tu ne pourrais jamais le faire en classe. Retourne à la maison, et le Seigneur, après t'avoir instruit dans la prière, te mènera sur un chemin qui va servir ton peuple et l'Eglise. "
      Ise revint dans le giron de sa famille, et son père l'emmena à Kutaisi pour être élevé dans la cour du roi Imeretian. Le roi Salomon II (1789-1815) reconnut bientôt que le jeune Ise était, en ce qui concerne la piété, au-dessus de tous les autres courtisans, et il le nomma son conseiller et instructeur spirituel personnel. À la suggestion du roi, Ise épousa la princesse Mariam. Peu de temps après son mariage, l'humble noble fut ordonné prêtre et confesseur attitré de l'église de la cour. Seulement deux ans plus tard, la princesse Mariam reposa en Christ, laissant Père Ise veuf.
      Après l'annexion russe de Kartli-Kakhétie, la cour impériale du tsar augmenta sa correspondance diplomatique avec la cour du roi Salomon II. Le roi fut invité également à unifier le Royaume Imeretien à la Russie. Salomon convoqua un conseil de nobles, et il décida qu'Imereti resterait indépendant, tout en maintenant des relations amicales avec la Russie jusques à la mort du roi. Toutefois, il fut convenu que, puisque le roi Salomon n'avait pas d'héritier, après son repos en Christ, la cour du tsar impérial aurait juridiction sur la région.
      Mais le climat politique en Géorgie devint de plus en plus tendu, et la capacité de la cour Imeretienne à gouverner fut gravement compromise.
      La cour fut soudainement assailli de cas d'envie et de trahison, et il devint nécessaire pour le roi de fuir vers la Turquie. Le protopresbytre Ise Qantchaveli accompagna le roi Salomon II à son lieu d'exil et resta avec lui jusques à la fin de la vie du roi.
      Après la mort du roi en 1815, Père Ise bénéficia d'une amnistie du tzar Alexandre Ier (1801-1825) au nom du roi et de sa cour. Ise lui-même prévoyait d'aller en réclusion dans le village où il était né, toutefois, la veuve du roi Salomon, la reine Mariam, le convoqua à Moscou, où elle était détenue en "honorable captivité." Père Ise lui apporta un morceau de la Croix vivifiante de notre Seigneur, qui avait appartenu au roi Salomon et la reine conserva le trésor de son mari dans l'église de la cour.
      Mais la vie à la cour impériale était pénible pour le père Ise craignant Dieu, donc il échangea ses vêtements pour des hardes de mendiants et partit pour le Mont Athos dans l'année 1819.
     Père Ise comparut devant les saints Pères du Mont Athos comme un pèlerin inconnu, qui étaient venus pour vénérer les lieux saints. Il visita d'abord le Monastère Iviron et à partir de là traversa la péninsule pour aller au monastère de Dionysiou.
      En 1821 Ise fut tonsuré moine et on lui donna le nom d'Hilarion. On lui présenta de nouveaux vêtements monastiques pour le service de tonsure, mais il demanda la permission de rester vêtu de ses propres haillons.
      Père Hilarion remplit tous ses obédiences avec amour. Il n'était découragé que par son ignorance de la langue grecque, qui l'empêchait d'entendre et de comprendre la Parole de Dieu pendant les offices divins. Enfin, il reçut la permission de l'higoumème de Dionysiou d'emprunter quelques livres géorgiens de la grande collection de manuscrits sacrés du monastère d'Iviron.
      En arrivant au monastère, Père Hilarion alla vénérer l'icône de la Mère de Dieu d'Iviron Alors qu'il priait à genoux devant l'icône, un archimandrite grec qu'il connaissait de Moscou le vit et le reconnut. Il s'inclina devant lui, lui baisa les mains et s'écria: "Père Ise! Saint pasteur! Confesseur du roi! "
      Bientôt la nouvelle se répandit dans tous les monastères du Mont Athos que le père spirituel du roi s'était caché comme un mendiant.
      Partout, les moines le saluèrent avec beaucoup de respect. Mais le Père Hilarion, honteux de cette attention, se retira dans le désert, non loin du monastère.
      A cette époque, en représailles à l'insurrection grecque de 1821, les Turcs pillaient la Grèce et l'abattage des chrétiens. En 1822, un certain Abdoul Robout-Pacha encercla la Sainte Montagne avec une énorme armée et ordonna aux higoumènes de tous les monastères de se soumettre à son autorité. Des représentants de tous les monastères, y compris Père Hilarion et deux autres moines de Dionysiou furent envoyés à Chromitsa pour présenter une requête devant le pacha. Père Hilarion se tint courageusement devant le pacha, brûlant d'un désir d'être martyrisé par les mains d'un non-croyant.
      Ayant appris que le Père Hilarion était géorgien, Robout-Pacha fut ravi: il était lui-même également géorgien par filiation, mais il avait été enlevé par des Turcs dans son adolescence.
      Le pacha proposa que saint Hilarion quitte le monastère et vienne dans son palais à Thessalonique, en lui promettant toutes sortes de richesses matérielles. Mais Père Hilarion refusa et condamna l'incrédulité du souverain. Le pacha furieux se mit à maudire les croyants orthodoxes et tous les saints chrétiens, parmi lesquels la Très Sainte Génitrice de Dieu. Le père saint ne fut autorisé à faire aucune réponse aux propos blasphématoires du pacha; au lieu de cela, ils le libérèrent et prirent comme captifs d'autres moines.
      De retour au monastère, Père Hilarion regretta de n'avoir pas correctement repris le pacha blasphémateur. Sa souffrance fut aggravée lorsque l'incroyant continua à martyriser et à massacrer d'autres chrétiens martyrs. Enfin, il demanda à l'higoumène sa bénédiction et partit pour la cour turque à Thessalonique. Il se tint devant le pacha et sans crainte piétina ses faux enseignements: "Tu as cherché à nier la virginité de la Très Sainte Mère de Dieu," accusa-t-il. "Même ton prophète Mahomet admet que Jésus est né sans semence d'une vierge et que le mystère de la naissance de Dieu est nécessairement au-delà de la compréhension humaine. Il est le vrai Dieu, qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité, pour sauver l'homme déchu de la malédiction du péché et de la mort! "
      Le pacha commença à discuter, mais saint Hilarion lui dit: "Toi, le fils de parents chrétiens, tu es tellement hors de toi que tu as anéanti les affres de la conscience qui te rappellent à la vraie foi!"
      Le pacha se mit à rire et répondit qu'il était heureux d'avoir été délivré de la "ridicule" foi chrétienne. "Je suis redevable à l'homme qui m'a enlevé à mes parents et m'a vendu aux Turcs", dit-il, "et depuis, j'ai le récompense généreusement de son acte. Si ta foi est bien vraie, pourquoi es-tu tombé dans les mains des envahisseurs? Pourquoi ton Dieu bien-aimé te punit-Il ainsi? "
      "Tu te méprends sur tout, Pacha", répondit saint Hilarion.
      "Un père aimant ne se saisit-il pas d'une verge lorsque son fils bien-aimé se déchaîne? En vérité, il ne le fait pas par haine, mais par amour, désireux de sauver l'ignorant d'un grave malheur. Lorsque le père voit que son enfant a corrigé son comportement, il jette la verge dans le feu. Le Seigneur a permis que ces peines nous adviennent à cause de nos péchés. Tu es un bâton dans les mains du Seigneur: quand Il verra que nous avons amendé nos voies, il te jettera également au feu "!
      Pendant trois jours consécutifs saint Hilarion affronta le pacha dans son palais, voulant le faire enrager au point qu'il ordonnerait son exécution. Le quatrième jour, saint Hilarion arriva au palais et commença à parler de la fausseté de Mahomet et de l'islam.
      Alors le pacha le provoqua encore plus avant, demandant: "Que penses-tu, où irons-nous après la mort?"
      Debout au milieu de croyants de confessions diverses, saint Hilarion répondit hardiment que seuls ceux qui croient vraiment en Dieu, qui se trouvent dans le giron de la foi orthodoxe du Christ, seront sauvé. Les spectateurs furieux exigèrent que le moine insolent soit exécuté, et Abdoul Robout-Pacha  ordonna finalement sa mort. Saint Hilarion se prépara à affronter la mort avec joie, mais deux serviteurs du pacha, Géorgiens par filiation, demandèrent que le pacha abroge sa condamnation à mort, car il serait honteux pour eux de tuer leurs compatriotes.
      Ils avaient l'intention de l'envoyer en secret au Mont Athos, mais au lieu de saint Hilarion commença à s'occuper des prisonniers malades détenus à Thessalonique, et il n'hésita pas lui-même à se consacrer à leur service pendant six mois. Ensuite, selon la volonté de Dieu, il repartit pour le Mont Athos. De retour à son monastère, Père Hilarion œuvra pendant trois ans comme  ermite et se retira ensuite à la tour de la Nouvelle-Skite (dépendance du monastère de Saint-Paul) pour mener une vie d'ascèse rigoureuse.
      Le vendredi, il gardait un jeûne strict, et les autres jours il ne mangeait que des petits morceaux de pain sec. Il les mettrait dans un pot à goulot étroit et ne mangeait que ce qu'il en pouvait tirer de sa main. Il buvait un seul verre d'eau par jour. Pendant toute la période de sa réclusion dans la tour, les démons tentèrent saint Hilarion par de terribles visions.
      Un jour, un groupe de chrétiens fidèles désirèrent rendre visite à l'ermite. Comme le staretz ne recevait personne, ils ne furent pas admis. Les pèlerins décidèrent donc de former une échelle humaine, debout l'un sur l'autre pour atteindre la petite fenêtre de sa cellule. Craignant pour leur vie, mais ne voulant pas rompre son vœu de réclusion, saint Hilarion abandonna temporairement sa cellule et s'enfuit dans la forêt.
      Après un certain temps, Saint-Hilarion devint physiquement affaibli par ses labeurs ascétiques rigoureux et il fut forcé d'abandonner la vie solitaire. Avec l'aide de son fidèle ami géorgien Benoît, il retrouva progressivement un peu de sa force et alla au monastère d'Iviron.
      Au monastère d'Iviron il pris en charge la bibliothèque géorgienne,  organisa un catalogue, et compila douze volumes de Vies des Saints, qu'il intitula Le Jardin des Fleurs. Il présenta les douze volumes à l'higoumène du monastère Zographou avant que ce dernier ne parte pour la Russie. En Russie, l'higoumène publia les douze volumes en langue géorgienne, sans mention du nom de leur compilateur.
      Saint Hilarion reposa en Christ au monastère de Saint-Pantéléimon, connu sous le nom de Rossikon, dans une cellule dédiée au mégalomartyr Georges, le 14 Février 1864. Bien qu'il ait été très malade, saint Hilarion continua à remercier sincèrement le Seigneur jusqu'à son dernier jour. "Gloire à Dieu!" Disait-il. "Je désire le martyre, mais Dieu ne me l'a pas accordé. Au lieu de cela, il m'a envoyé une maladie qui sera égale en mérite au martyre si je suis capable de la supporter! "
      Avant sa mort, il demanda à son disciple, Père Sabbas, d'enterrer son corps dans le secret, mais les circonstances plus tard exigèrent que son lieu de sépulture soit révélé. En 1867, lors de la veillée pour la fête de l'Ascension de notre Seigneur, un groupe de moines ouvrit le caveau de saint Hilarion et tout de suite ils sentirent un doux parfum sortir de son corps. A ce moment, un des ermites vit une sphère brillante de lumière brillant comme le soleil au-dessus de la cellule de Père Hilarion.
      Le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe apostolique géorgienne glorifia le hiéromoine du grand schème Hilarion (Qantchaveli) le 17 octobre, 2002, et pour le distinguer de saint Hilarion le Géorgien (commémoré le 19 novembre), l'appelèrent "Ilarion Kartveli, Akhali" ou "Hilarion le Géorgien, le Nouveau. "

Ô bien aimé du Roi Céleste. saint Hilarion, toi qui tu fus illuminé par la foi, la prière et le jeûne, prie le Christ Dieu qu'il accorde une sage gouvernance à notre nation que Dieu protège!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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samedi 25 février 2017

Fête de l'Icône de la Mère de Dieu d'Iviron



Fête le 12/ 25 février

Pendant le règne de l'empereur Théophile (829-842), l'empire byzantin fut ravagé par l'hérésie de l'iconoclasme. En accord avec l'ordre de l'empereur, des milliers de soldats pillèrent l'empire, fouillant chaque recoin,ville et village à la recherche d'icônes cachées.
Près de la cité de Nicée, vivait une certaine veuve pieuse qui avait caché une icône de la Très Sainte Génitrice de Dieu. Sous peu, les soldats la découvrirent, et un d'entre eux perça de la lance l'image. Mais par la grâce de Dieu, sa terrible action fut masquée par un miracle: du sang jaillit du visage de la Mère de Dieu. Les soldats effrayés s'enfuirent rapidement.
La veuve passa toute la nuit en veille, priant devant l'icône de la Très Sainte Mère de Dieu. Au matin, selon la volonté de Dieu, elle prit l'icône jusqu'à la mer , et la jeta sur l'eau. La sainte icône resta debout sur les vagues et commença à voguer vers l'ouest.
Le temps passa, et un soir, les moines du monastère d'Iviron au Mont Athos, virent une colonne de lumière, brillant sur la mer comme le soleil (vers l'an 1004).Ce miracle de l'image dura plusieurs jours, tandis que les Pères de la Sainte Montagne se rassemblaient, s'émerveillant. Finalement. ils descendirent au bord de la mer où ils virent la colonne de lumière devant l'icône de la Génitrice de Dieu. Mais quand ils approchaient de l'icône, l'icône se retirait en  mer.
En ce temps-là, un moine géorgien nommé Gabriel œuvrait au monastère d'Iviron. La Génitrice de Dieu apparut aux Pères de la Sainte Montagne, et leur dit que Gabriel seul, était digne de récupérer la sainte icône de la mer.  Au même moment, elle apparut à Gabriel et lui dit: " Entre dans la mer, et marche sur les vagues avec foi, et tous seront témoins de mon amour et de ma miséricorde pour votre monastère."
Les moines du Mont Athos trouvèrent Gabriel au Monastère géorgien et le conduisirent à la mer, en chantant des hymnes et en l'encensant. Gabriel marcha sur les eaux comme à pied sec, prit l'icône dans ses bras, et avec obéissance, la rapporta jusques au rivage.
Le miracle eut lieu un Mardi Lumineux.
Tandis que les moines célébraient une paraclèse de remerciement, une source d'eau fraîche et douce d'eau jaillit du sol où se tenait l'icône. Après cela, ils amenèrent l'icône dans une église et la mirent avec grande révérence dans le sanctuaire.
Mais le matin suivant, un des moines vint allumer une lampade, et découvrit que l'icône n'était plus là où ils l'avaient laissée; maintenant elle était sur un mur, près de la porte d'entrée. Les moines incrédules la décrochèrent et la remirent dans le sanctuaire, mais le jour suivant, l'icône fut à nouveau retrouvée à la porte du monastère. Le miracle eut lieu plusieurs fois., jusque'à ce que la Très Sainte Vierge apparaisse à Gabriel et lui dise: " Annonce aux frères qu'à partir de ce jour, ils ne doivent plus m'enlever d'ici. Car ce que je désire ce n'est pas d'être protégée par vous, mais plutôt de vous protéger, moi, dans cette vie, et dans le siècle à venir. Tant que vous verrez mon icône dans le monastère, la grâce et la miséricorde de mon Fils ne vous manqueront pas!"
Empli d'une grande joie, les moines érigèrent une petite église près de la porte du monastère, pour glorifier le Très Sainte Génitrice de Dieu, et y placèrent l'icône miraculeuse.
La sainte icône en vint à être connue comme "l'icône de la Mère de Dieu d'Iviron", et en grec comme Portaïtissa (Icône du Portail ou de la Porte). Par la grâce de l'icône miraculeuse de la Génitrice de Dieu d'Iviron, de nombreux miracles eurent lieu, et continuent à avoir lieu dans le monde entier.

Ô Génitrice de Dieu, la grâce de ta sainte icône guérit nos nombreuses afflictions, et chasse les esprits impurs, et toute langue chante ta louange, ô Portaïtissa  


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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Saints Pères Prokhore le Géorgien, Luc (Luka Mukhaidzé) de Jérusalem, Nicolas (Nikoloz Dvali), et les saints Pères des monastères géorgiens à Jérusalem

Holy Fathers Prokhore the Georgian, Luka (Mukhaidze) of Jerusalem, Nikoloz Dvali, аnd the Holy Fathers of the Georgian Monasteries in Jerusalem

Fête le 12/ 25 Février

      Saint Prokhore le Géorgien, descendant de la noble famille Chavteli, naquit à la fin du 10ème siècle et grandit dans un monastère. Quand il atteignit l'âge d'homme, il fut ordonné hiéromoine et œuvra pendant un an à la Laure de Saint-Sabbas à Jérusalem. Puis, avec la bénédiction de son père spirituel Euthyme (Ekvtime Grdzéli), il commença la reconstruction du monastère géorgien de la Sainte Croix près de Jérusalem.
      Selon la tradition, à cet endroit du terrain, le neveu d'Abraham avait planté trois arbres-un cyprès, un pin et un cèdre. Finalement, ces trois arbres grandirent miraculeusement pour devenir un grand arbre. Quand le Temple de Salomon fut construit, cet arbre fut abattu, mais resta inutilisé. Il est dit que la Croix sur laquelle le Christ notre Sauveur fut crucifié a été faite à partir du bois de cet arbre.
      Au 4ème siècle, le terrain sur lequel l'arbre miraculeux avait grandi fut présenté au saint roi Mirian, premier roi chrétien de Géorgie. Ensuite, au 5ème siècle, sous le règne de saint roi Vakhtang Gorgasali, le monastère de le Sainte-Croix fut fondé sur cette terre. Le monastère fut détruit à plusieurs reprises entre les 7e et 9e siècles.
      Enfin, au 11ème siècle, roi Bagrat Kouropalates offrit une grande partie de sa fortune à l'higoumène Prokhore pour la restauration du monastère. Saint Prokhore embellit le monastère, puis réunit 80 moines et établit le typicon (la règle monastique), pour la collectivité en conformité avec celui de la Laure de Saint-Sabbas.
      Lorsque saint Prokhore eut œuvré longtemps et vécu jusques à un âge avancé, il choisi son disciple Georges (Giorgi) pour être l'higoumène suivant du monastère.
      Puis il partit pour le désert avec deux de ses disciples, et après un certain temps le moine pieux rendit son âme à Dieu.
      Au-delà de cela, on en sait peu sur la vie de saint Prokhore. Selon les chercheurs et des savants géorgiens, il était probablement né entre 985 et 990. Il a passé les années 1010 à 1015 à Jérusalem, et œuvré à la Laure de Saint-Sabbas jusques en 1025. Il reposa en Christ dans l'année 1066,  âgé de 76 ou 81 and.
      Le saint martyr Luc (Luka) de Jérusalem vécut au 13ème siècle. Il naquit dans une honorable et pieuse famille géorgienne du nom de Mukhaisdzé. Après le repos en Christ du père de Luc, sa mère quitta ses enfants et s'en alla œuvrer dans un monastère à Jérusalem.
      Lorsque Luc atteignit l'âge de vingt ans, il set rendit à Jérusalem pour rendre visite à sa mère et vénérer les lieux saints. Après y avoir passé quelque temps, il décida de rester et d'être tonsuré moine. Il fut ensuite ordonné diacre et parla couramment l'arabe. Bientôt les frères du monastère reconnurent sa sagesse et lui demandèrent de les guider comme higoumène. Pendant trois ans, Luc dirigea le monastère d'une manière exemplaire.
      Mais le Diable était envieux du saint-père et il incita un certain Shekh-Khidar, un persan influent à la cour du sultan Pendoucht, (Probablement le Sultan Zakhir-Roukedin-Baibars-Bundukdar d'Egypte (1260-1277) à prendre les armes contre saint Luc. Le sultan Pendoucht transféra ensuite la possession du Monastère de la Sainte Croix à Shekh-Khidar, qui "traita les moines géorgiens d'une manière bestiale et enfin les évinça tout à fait du monastère." Accomplissant son devoir donné par Dieu, le bienheureux Luc insista personnellement  pour faire face à Shekh-Khidar dans la défense de sa fraternité.
      Les frères et sœurs chrétiens avertirent Luc, en disant: "Shekh-Khidar te menace... Fuis et cache-toi à ses yeux!" Mais Luc ne prêta aucune attention à leurs remontrances, certain qu'il était plus approprié de mourir pour le Christ que de vivre pour le monde. Comme il avait insisté, il s'approcha personnellement de Shekh-Khidar et demanda la libération des pères emprisonnés.
      Luc lui a dit qu'il était prêt à accepter toutes les demandes. Le méchant chef perse ne demanda rien de Luc, sauf qu'il se convertisse à l'islam, en promettant de le faire émir s'il y consentait. Quand il refusa, le furieux Shekh-Khidar ordonna la décapitation de saint Luc.
      Après que l'acte terrible eut été effectué, la tête coupée de saint Luc se tourna vers l'est et rendit grâce à Dieu avec une expression de pure paix. Peu de temps après, son corps précieux fut livré au feu à la commande de la Shekh-Khidar perplexe. Cela se produisit en 1277. 
Saint Nicolas (Nikoloz Dvali) le martyr naquit à la fin du 13ème siècle chez un couple qui craignait Dieu et qui dirigea son chemin vers la vie spirituelle.
      À l'âge de douze ans Nicolas se rendit au désert de Klarjeti et il fut tonsuré moine. De là, il fit un pèlerinage à Jérusalem et resta dans la ville sainte, s'installant au monastère de le Sainte Croix. Brûlant de désir pour la vie apostolique, le moine Nicolas était déterminé à mourir en martyr.
      A Jérusalem, un groupe d'hommes impies arrêta et tortura Saint Nicolas pour avoir confessé publiquement la foi chrétienne, mais un groupe de chrétiens réussit à le sauver de la prison. Puis, en conformité avec le conseil de l'higoumène, saint Nicolas partit dans un monastère géorgien de Chypre. Là, le pieux moine implora le Seigneur de le rendre digne de la couronne du martyre. Un jour, alors qu'il priait devant l'icône de saint Jean-Baptiste, il entendit une voix disant: "Nicolas! Lève-toi et va à Jérusalem. Tu y trouveras un moine géorgien qui t'enseignera la voie de la justice et t'encouragera sur la voie du martyre. Il a été nommé pour te guider. "
      En conséquence, saint Nicolas retourna à Jérusalem, rencontra le moine que Dieu avait nommé, et l'informa de ce qui avait été révélé. La Très Sainte Génitrice de Dieu et saint Jean-Baptiste apparurent au père spirituel de saint Nicolas, qui priait intensément pour obtenir des conseils, et ils lui dirent que c'était la volonté du Seigneur pour Nicolas de se rendre à Damas.
      Alors à Damas, le Père saint entra dans une mosquée et confessé ouvertement le Christ comme Sauveur, réprouvant les personnes présentes pour leur folie. Les musulmans en colère saisirent saint Nicolas, le battirent, et le jetèrent en prison. Après une grande lutte, le Métropolite et les chrétiens locaux réussirent à le récupérer en captivité, mais il retourna immédiatement vers les musulmans et recommença à dénoncer leurs manières impies. Encore une fois ils le battirent sans pitié, lui donnèrent cinq cents coups de fouet, et le jetèrent en prison pour la deuxième fois. Mais les blessures du saint martyr furent guéries par l'intercession miraculeuse de saint Jean-Baptiste, et après deux mois, il fut libéré de prison.
      Par hasard, l'émir de la ville aperçut saint Nicolas alors qu'il se préparait à retourner à Jérusalem. L'émir le reconnut et l'envoya à Dengiz, l'émir des émirs. Dengiz le flatta et lui offrit de se convertir à l'Islam, mais saint Nicolas défendit vaillamment sa foi en Christ. En réponse, Dengiz ordonna son exécution.
      A l'heure dite par Dengiz, le bienheureux martyr tourné vers l'est, dans la joie inclina son cou sous l'épée, et pria: "Gloire à Toi, ô Christ notre Dieu, Qui m'a jugé digne de mourir pour l'amour de Ton Nom." L'épée transperça le cou, mais la tête coupée glorifia Dieu sept fois, en criant: "Gloire à Toi, ô Christ notre Dieu!"
      Les Perses brûlèrent le corps du saint, et pendant trois jours une colonne de lumière brilla à l'endroit où il reposait.
      Lorsque père spirituel de saint Nicolas entendit parler de son martyre, il pria Dieu de lui révéler si Nicolas serait compté parmi les saints. Puis un jour, alors qu'il lisait, il eut une vision d'une multitude de saints debout au sommet d'une montagne, illuminée et entourée d'un nuage d'encens. Parmi eux, le grand martyr Georges brillait d'un éclat particulièrement vif, et il appelait saint Nicolas, en disant: "Nicolas! Viens voir le moine, ton père spirituel. Il a versé beaucoup de larmes pour toi. "
      Nicolas salua son père spirituel, en disant: "Me voici, et l'endroit où je suis, et à partir de ce jour, cesse  de t'affliger pour moi."
      Saint Nicolas Dvali fut torturé à mort le mardi 19 octobre, en l'an 1314. L'Eglise géorgienne continue à lui rendre hommage à cette date.

En recherchant leur protection. l'Eglise honore les saints Pères Prokhore, Luc, Nicolas et tous les Pères craignant Dieu qui ont œuvré aux monastères géorgiens de Jérusalem, et qui, par leurs vies de justes sont montés aux Cieux. Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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jeudi 23 février 2017

Vénérable Jean (Ioane) de Tchimtchimi le Philosophe ( XII-XIIIe siècle)


Fête le 10/23 février

Peu d'informations ont été préservées concernant la vie de saint Jean (Ioane) de Tchimtchimi, mais nous savons qu'il fut un grand traducteur, philosophe et défenseur de la foi chrétienne géorgienne.
Jean reçut son éducation dans ce qui est à présent la Bulgarie dans la célèbre école littéraire du monastère géorgien de Pétritsoni (près de Batchkovo).
Un historien écrit: " Dans son éloge funèbre pour la mort du saint roi Démètre,Jean le Philosophe de Tchimtchimi a brillamment décrit la gloire. l'honneur et l'héroïsme de la vie de ce saint homme."
Saint Jean traduisit de nombreuses compositions exégétiques, y compris deux commentaires du livre de l'Ecclésiaste, l'un par Mitrophane de Smyrne, et l'autre par Olympiodore d'Alexandrie. Il traduisit aussi Une explication de l'Evangile selon saint Marc et Une explication de l'Evangile selon saint Luc, deux ouvrages du Bienheureux Théophylacte de Bulgarie.
Les œuvres de notre Père saint Jean de Tchimtchimi sont fondamentaux dans le canon de la littérature théologique géorgienne.
Dans son ouvrage Pèlerinage, l'éminent historien du XVIIIe siècle , l'archevêque Thimothée (Timote) [Gabachvili], mentionne Jean de Tchimtchimi parmi les saints Pères représentés dans les fresques du Monastère de la Sainte Croix à Jérusalem.
Dans le seconde moitié du XIXe siècle, l'historien Mose Janachvili, écrit dans son Histoire de l'Eglise Géorgienne, que Jean de Tchimtchimi a dirigé une école littéraire dans le village de Gremi de Kakhétie. Selon Janachvili, les étudiants de l'école de saint Jean. étaient instruits en Philosophie et théologie, aussi bien qu'en langues grecque, syrienne, et arabe.

Tu as gravi le sommet de la vertu, ô Père Jean agréable à Dieu. Prie le Christ Jésus, Chef de l'Eglise, de nous compter aussi parmi les rangs des justes.


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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dimanche 19 février 2017

Vénérable Arsène d'Iqalto (1127)


Fête le 6/19 Février

Saint Arsène (Arsen) d'Iqalto était traducteur, chercheur, compilateur de manuscrits, hymnographe, philosophe, et grand défenseur de la foi chrétienne géorgienne. Son père était Ibadi Vachnadzé, un sage, savant qui parlait couramment la langue grecque. Il dirigea l'académie du monastère d'Iqalto et fut instructeur du saint roi David (Davit) le restaurateur.

Peu de détails sur la vie de saint Arsène ont été conservés, mais nous savons qu'il vécut dans les 11e et 12e siècles et qu'il était un jeune contemporain de Saint Ephrem (Eprem) le Minime. Il a obtenu son éducation primaire et supérieure à Byzance, au monastère de Mangana, qui avait été fondé par l'empereur byzantin Constantin Monomaque IX (1042-1055). À l'académie il  compléta un de ses projets les plus importants: une traduction de la Chronique de l'historien byzantin George Hamartolus. L'œuvre d'Hamartolus compte neuf volumes de l'histoire d'Adam à l'année 842 après Jésus-Christ. Toujours à Mangana, Arsène traduisit un volume d'écrits dogmatiques polémiques, en géorgien et intitula son œuvre Dogmatikon. Dans les années qui suivirent, des ouvrages traduits par d'autres auteurs furent ajoutés au livre.

Après avoir terminé ses études au monastère de Mangana, Arsène alla vers la Montagne Noire près d'Antioche pour poursuivre ses travaux sous la direction du saint Ephrem le Minime. Après le repos en Christ de saint Ephrem, il revint au monastère de Mangana poursuivre ses traductions. 
En 1114 le roi David le Restaurateur fit revenir Arsène en Géorgie, à l'Académie occidentale de Gelati. C'est là qu'il traduisit Le Nomocanon (collection byzantine de lois ecclésiastiques) en géorgien à partir de l'original grec. 
Arsène retourna plus tard à Kakhétie dans l'est de la Géorgie, où il fonda une académie au monastère d'Iqalto. Il participa également au Concile de Ruisi-Urbnisi, qui avait été convoqué par le roi David le Restaurateur. Un des biographes du roi David écrivitt qu'il avait invité "Arsène d'Iqalto, traducteur et interprète des langues grecque et géorgienne et illuminateur de nombreuses églises."

Arsène était présent au repos en Christ du roi David le Restaurateur, et on pense qu'il composa l'épitaphe du roi: 

J'ai nourri sept rois avec ma richesse, 
Chassé les Turcs, les Perses et les Arabes hors de nos frontières, 
Déplacé les poissons d'une rivière à l'autre, 
Et, après avoir accompli toutes ces choses,
J'ai mis mes mains sur mon coeur et je suis mort.

Le «théologien, philosophe, physicien, anatomiste, écrivain d'allégories et de versets, le poète épique, et le compilateur des typika de l'Église" Arsène fut enterré dans Iqalto à côté de saint Zénon, fondateur du monastère d'Iqalto.

Ô notre Père saint Arsène, toi qui eus part aux souffrances du peuple géorgien, écoute nos prières et intercède avec la Très Sainte Trinité, afin de nous rendre dignes de Sa Gloire!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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vendredi 17 février 2017

Vénérable Evagre, gouverneur de Tsikhedidi et compagnon d'ascèse de saint Shio de Mgvime




Mémoire le 4/17 février

Saint Evagre naquit de parents pieux et craignant Dieu qui lui lisaient les Saintes Ecritures dès son plus jeune âge. Quand il devint adulte, Evagre devint gouverneur de Tsikhedidi.

VIème siècle



Un jour Evagre alla chasser dans les monts Sarkineti où saint Shio de Mgvime s'était établi. Tandis qu'il chassait, ses compagnons se dispersèrent dans de nombreuses directions et il resta seul pour surveiller les environs. Là, il vit un oiseau qui ressemblait à une colombe qui apportait de la nourriture au père Shio et il nota l'endroit où il se posa. Le jour suivant, il localisa la caverne de l'ermite.


Etonné par l'ascèse stricte de père Shio, saint Evagre fut rempli d'une sainte envie d'imiter l'ermite et il lui dit: " Dieu est vivant en vérité. Je ne te quitterai pas. Je ne retournerai pas d'ou je viens." Saint Shio lui conseilla de se méfier d'une telle décision impulsive, car il serait très difficile pour un homme ayant vécu dans le luxe de commencer soudain une nouvelle vie dans le désert. Mais Evagre lui répondit avec fermeté: " Même si cela signifie que je dois mourir ici avec toi aujourd'hui, je ne quitterai pas ce lieu."

Afin d'éprouver sa foi, saint Shio confia son bâton et lui donna les instructions suivantes: Met mon bâton dans la rivière Mktvari: il partagera l'eau et te fera un gué par lequel tu pourras traverser à pieds secs. Ferme ta maison et reviens vers moi. Sur le chemin du retour, quand tu atteindras la rivière Mktvari, utilise à nouveau mon bâton pour te faire un gué. Si cela échoue, alors continue à vivre comme tu le faisais auparavant. Cela signifierait que ce n'est pas la volonté de Dieu que tu accomplisses ton désir.

Avec obéissance, Evagre prit le bâton de saint Shio et en toucha l'eau de la rivière Mktvari. La rivière s'ouvrit et il traversa pour aller de l'autre côté.

Etant retourné au palais, Evagre distribua toutes ses possessions aux pauvres, ferma sa maison et repartit pour retrouver saint Shio. Il accomplit le même miracle à son retour: la rivière s'ouvrit en deux et le fidèle Evagre traversa.

Père Shio tonsura Evagre moine et l'ancien gouverneur s'installa près de la caverne du saint père. Là, il apprit à être patient et attentif et comment prier tandis qu'il acquerrait d'autres vertus, fruits de ses labeurs ascétiques.

Saint Shio prévoyant que le nombre de moines dans le désert allait augmenter, il construisit une église pour eux en un lieu que Dieu lui avait révélé. Les grands dons des saints pères furent bientôt découverts et de nombreux pèlerins voyagèrent aux monts Sarkineti pour recevoir leur bénédiction. Quand le roi Parsman apprit, avec retard, que le chef de son armée avait été tonsuré moine, il en fut très chagriné et se rendit personnellement dans le désert de saint Shio. Il espérait faire revenir Evagre dans le monde, mais le bienheureux père lui répondit avec la sobriété monastique qui le caractérisait: " O Roi! Pourquoi me déranges-tu, moi qui suis né pour servir Dieu, en me demandant de devenir comme le chien qui retourne à ses vomissures (Proverbes 26:11)?
La réputation de saint Shio, d'Evagre et des autres lutteurs de sainteté se répandit à travers la Géorgie, et beaucoup de laïcs eurent l'inspiration de rentrer dans la vie monastique.
Après plusieurs années, saint Shio devenu vieux, rassembla la communauté des moines autour de lui: " Vous devez choisir l'un d'entre vous pour diriger cette communauté. A partir de maintenant, je vais travailler dans le puits que j'ai préparé pour ma tombe " leur dit-il. Les frères furent très affectés d'avoir à se séparer de leur maître bien aimé et ils lui demandèrent en vain de rester au monastère. Enfin, ils demandèrent au père Shio de nommer un successeur, et il choisit Evagre comme nouvel higoumène.
L'humble et gracieux Evagre émit une objection, considérant qu'il n'était pas capable d'assumer une responsabilité aussi difficile. Il supplia saint Shio de reconsidérer sa décision, mais le staretz lui répondit simplement:" Si tu consens à faire notre volonté, tu recevras une joyeuse récompense de Dieu: quand Il reviendra dans Sa gloire, Il te rétribuera pour ton obéissance."
Finalement saint Evagre accepta le conseil de son maître et, à partir de ce jour, il dirigea les activités du monastère avec l'aide de Dieu.

Tu fus sanctifié, ô Evagre, Père des Pères
Car Dieu Lui-même demeura dans ton cœur pur! 
Prie-Le de purifier nos âmes.

in Archpriest Zakaria Machitadze, 
Lives of the Georgien Saints
St. Herman of Alaska Brotherhood, 2006
Version française Claude Lopez-Ginisty

samedi 11 février 2017

SAINT ROI MARTYR ACHOT KOUROPALATES (+829)

St. Ashot Kuropalates of Tao-Klardjeti

Mémoire le 26 janvier/11 février/ 

En l'an 786, Achot, fils d'Adarnerse, monta sur le trône de Kartli. Dès le début de son règne, il se battit farouchement pour la réunification de la Géorgie. Sa première étape consista à tirer parti de la lassitude des musulmans arabes et de les bannir de Tbilissi.
      Trois années passèrent et, sous la direction d'un nouveau dirigeant, les musulmans revigorés, commencèrent à pourchasser Achot. Le roi fut obligé de fuir après avoir tardé à prendre des mesures contre eux. L'ennemi avait de nouveau conquis Tbilissi.
      Achot fut contraint de quitter Kartli, et il partit pour Byzance avec sa famille et sa petite armée. Les réfugiés se rendirent jusques à Djavakheti dans le sud de la Géorgie et s'arrêtèrent près du lac de Paravani pour se reposer. Mais pendant qu'ils dormaient, une armée sarrasine assaillit le camp. L'armée du roi fut condamnée, mais "Dieu aidé Achot Kouropalates et sa maigre armée. Il leur donna la puissance, et ils ont vaincu un ennemi en grande supériorité numérique." Le roi fut profondément ému par l'intervention miraculeuse de Dieu et il décidé que, plutôt que de se mettre en chemin pour Byzance comme il l'avait prévu, il resterait dans la région de Chavshet-Klarjeti.
      A cette époque, le sud de la Géorgie souffrait de grandes calamités. Une épidémie de choléra intensifiait les luttes d'un peuple ravagé par un ennemi impitoyable. Très peu survécurent, mais ce reste impuissant et las accepta Achot Kouropalates comme son nouveau chef, et le roi commença tout de suite à restaurer la région.
      Achot Kuropalates restaura le château d'Artanuji, qui avait initialement été construit par le roi Vakhtang Gorgasali et plus tard ravagé par le général Arabe Marwan "le sourd". Achot fonda une ville voisine et la proclama résidence de la famille royale de Bagrationi Klarjeti. Il construisit également un église en l'honneur des saints Pierre et Paul. Comme il est écrit: "Dieu a accordé à Achot Kouropalates une grande puissance et beaucoup de victoires."
      La région de Klarjeti prit une vie nouvelle, et grâce aux efforts de saint Grégoire (Grigol) de Khandzta et ses compagnons, l'ancienne friche fut transformée en un quartier animé avec des églises, des monastères et des écoles. Les nobles géorgiens commencèrent bientôt à voyager à Klarjeti à à forger l'avenir de leur nation avec le roi Achot et les autres dirigeants qui craignaient Dieu.
     Achot Kouropalates n'était pas seulement un chef qui fit vigoureusement campagne pour l'unification de la Géorgie, c'était vraiment un homme pieux d'esprit. Avec grand honneur et joie,  il fut l'hôte du Père Grégoire de Khandzta, homme "céleste et ange terrestre." Père Grégoire bénit le royaume d'Achot et son héritage.
      À ceux qui œuvraient au monastère de Khandzta, Achot Kouropalates accorda les meilleures terres, y compris Shatberdi, pour servir de propriétés rurales, qui fournissaient la nourriture pour le monastère. Ses enfants, Adarnerse, Bagrat et Guaram plus tard, donnèrent une grande partie de leur fortune pour le renouveau des monastères dans le désert de Klarjeti. (1) 
      Mais après quelque temps, le roi Achot habituellement vertueux tomba amoureux d'une certaine femme. Il oublia son honneur, ses réalisations et sa fidélité à Dieu et la nation et l'emmena au château d'Artanuji, domaine qui avait été construit pour la reine. Saint Grégoirel, cependant, entendit parler de cette relation adultère du roi et en devint extrêmement triste.
      Il confronta le roi à son comportement, et Achot désespéré promis de quitter la femme, mais il ne pouvait se résoudre à remplir sa promesse. Alors Père Grigol l'emmena au monastère de Mere et la remis à l'higoumène, Mère Fébronie (Pebronia), sans le dire à Achot. Après avoir entendu ce qui s'était passé, le roi Achot plaida avec Mère Fébronie pour qu'elle lui rende la femme, mais l'higoumène refusa. A la longue,Achot ls'inclina devant moniale et se repentit, en disant: "Heureux l'homme qui n'est plus en vie dans ce monde. "
      Le roi redécouvrit son amour pour Dieu et pour son pays, et il se prépara à retourner à Kartli. Mais ses plans furent déjoués quand un certain guerrier musulman du nom de Khalil envahi, conquit les terres de Kartli, d'Hereti et de Kvemo Kartli.
      Achot envoya ses hommes  rassembler une armée, mais avant que les troupes n'aient été rassemblées, les Sarrasins attaquèrent et le forcèrent à fuir. Le roi se rendit ensuite à la Gorge de Nigali avec l'intention d'agrandir son armée. Certains des soldats conscrits s'avérèrent être des traîtres , et quand le roi découvrit la trahison, il était déjà trop tard. Il se caché dans une église, mais les impies le trouvèrent et le poignardèrent à mort dans le sanctuaire. "Ils l'ont assassiné sur l'autel, comme on abat un agneau de sacrifice , et son sang y reste jusque à ce jour", écrit Soumbat, le fils de David, dans son livre Vies des Bagration.
      Ainsi, le premier roi, Bagration "un croyant, par lequel l'héritage du peuple géorgien fut créé", a également été un martyr. Les Géorgiens ont pris leur revanche sur les assassins de leur roi bien-aimé. Quand le peuple de Doliskana entendit dire qu'Achot avait été tué, ils poursuivirent ses meurtriers et les tuèrent près de la rivière Tchorokhi. Le vénérable Grégoire et le peuple géorgien pleurèrent amèrement la perte de leur roi et de leur espérance. Les Les reliques de saint Achot furent enterrées dans l'église des Saints Pierre et Paul qu'il avait lui-même construite.

Ô glorieux saint martyr Acho Kouropalates, prie le Christ qui illumine les hommes de Son rayonnement, pour sauver les enfants de Son Eglise!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in




(1) უდაბნო /Oudabno en géorgien. Traduit par "désert", ces lieux déserts où les ermites et leurs demeures attiraient souvent les moines et les pieux laïcs, alors que la renommée de ces saints hommes se propagageait. Au cours des siècles, avec la fondation de nombreux monastères, ces déserts sont devenues de véritables villes et conservèrent seulement le nom de "désert" dans un sens figuré




mercredi 8 février 2017

SAINT DAVID (DAVIT) IV, LE BÂTISSEUR, ROI DE GEORGIE Et D'ABKHAZETI





Mémoire le 26 janvier/8 février

   A la fin du 11ème siècle l'Eglise géorgienne a subi une épreuve aux proportions physiquement et spirituellement catastrophiques.
      Le sultan seldjoukide, Jalal al-Dawla Malik Shah (1073-1092), captura le village de Samshvilde, emprisonna son gouvernant, Jean (Ioane) Orbeliani, fils de Liparit, ravagea Kvemo Kartli (inférieur), et finalement captura toute la Géorgie, en dépit des victoires isolées du roi Georges (Giorgi) II (1072-1089). Les Géorgiens fuirent leurs maisons, craignant de se cacher dans les montagnes et les forêts.
      Tenté et profondément affligé par les temps difficiles, la nation qui avait juré un jour son amour inconditionnel pour le Christ commença à tomber dans le péché et la corruption. Les gens de tous âges et tempéraments péchèrent contre Dieu et se tournèrent vers le chemin de la perdition. Dieu manifesta sa colère envers le peuple géorgien par l'envoi d'un terrible tremblement de terre qui dévasta leurs fêtes pascales.
      En l'an 1089, au cours de cette période de désolation et de désespoir, le roi Georges II abdiqua, en désignant son fils unique de seize ans, David (Davit) (plus tard connu comme "le Restaurateur"), comme héritier du trône. Il est écrit que le Père céleste a dit: J'ai trouvé David, mon serviteur, avec mon huile sainte je l'ai oint (Ps. 88:19).
      Le nouveau roi couronné David prit sur lui une responsabilité énorme pour le bien de l'Eglise. Il appuya les efforts déployés par le Concile de Ruisi-Urbnisi pour restaurer et renforcer l'autorité de l'Eglise géorgienne et supprimer les seigneurs féodaux et ecclésiastiques vaniteux et indignes. Pendant le règne du roi David, les activités les plus importantes du gouvernement furent réalisées au profit de l'Eglise. Dans le même temps, le Concile de Ruisi-Urbnisi réaffirma le rôle essentiel de la foi orthodoxe pour sauver le peuple géorgien du bourbier impie dans lequel il avait coulé.
      Au premier rang des objectifs du roi David au début de son règne, fut le rapatriement de ceux qui avaient fui la Géorgie sous la domination turque. Le roi appela ses nobles et commença à réunifier le pays. Les efforts du roi pour réunifier la Géorgie commencèrent dans la région orientale de Kakhétie-Hereti, mais les Turcs et les seigneurs féodaux traîtres n'étaient pas disposés à céder le pouvoir qu'ils avaient acquis dans la région. Néanmoins, l'armée du roi David était dans les mains de Dieu, et les Géorgiens combattirent vaillamment contre la massive armée turque. Le roi David lui-même, se battit comme n'importe quel autre soldat: trois de ses chevaux furent tués, mais il en enfourcha un quatrième pour terminer le combat par une victoire fantastique. La présence turque fut éliminée de son pays.
      Bientôt, cependant, l'intransigeant sultan seldjoukide Mehmed (Muhammad) I de Bagdad (1105-1118) ordonna à une armée de 100.000 soldats de marcher sur la Géorgie. Quand le roi David entendit parler de l'approche de l'ennemi, il réunit immédiatement un groupe de quinze cents hommes et les conduisit vers Trialeti. Une bataille commença tôt le matin, et avec l'aide de Dieu l'ennemi fut vaincu. Simultanément, le conseiller du roi, Georges de Tchqondidi, (Giorgi Tchqondidi était le précepteur du roi David et son plus proche conseiller). Il occupa le poste de chancelier-procureur. Au Concile de Ruisi-Urbnisi, le roi David introduisit une nouvelle loi, en combinant la fonction de chancelier-procureur avec l'archevêché de Tchqondidi, épiscopat le plus influent en Géorgie.) reprit la ville de Rustavi, et en 1115, l'armée géorgienne récupéra le ravin de la rivière Mtkvari. Un an plus tard, les Turcs, qui avaient campé entre les villes de Karnipori et Basiani, furent bannis du pays. Les "grandes guerres" continuèrent, et le saint roi fut couronné de nouvelles victoires. Le fils de David Démètre  (plus tard, le vénérable Damien [Damiane]), jeune homme distingué en "sagesse, sainteté, apparence et  courage", fut un grand atout pour son père. Le prince mena une guerre contre  Shirvan, captura Kaladzori, et retourna vers son père avec des esclaves et de grandes richesses, le butin de guerre à cette époque. Un an plus tard, les villages de Lore et Agarani furent joints à la Géorgie.
      En dépit de ses victoires, le roi David savait qu'il serait difficile pour sa maigre armée de protéger les villes et les forteresses récupérés, tout en continuant à servir comme force militaire permanente. Ainsi, il devint nécessaire d'établir une armée permanente distincte. Le sage roi prévit de recruter des hommes parmi les Qiptchaks, tribu du nord du Caucase, pour former cette armée. Il connaissait bien le caractère de ces peuples, et était convaincu qu'ils étaient courageux et expérimentés dans la guerre. En outre, la femme de David, la reine Gurandukhti, était la fille d'Atrak, chef des Qipchaks. Atrak  accepta joyeusement la demande du roi son gendre.
      Comme un vrai diplomate, cherchant à maintenir des relations pacifiques avec les Qiptchaks, le roi David prit son conseiller, Georges Tchqondidi, et se rendit dans la région de l'Ossétie au Caucase du Nord. Là, Georges Tchqondidi, "conseiller de son maître et participant à ses grands travaux et victoires", reposa dans le Seigneur. Suite à cela, le roi David découragé déclara que son royaume prendrait le deuil pendant quarante jours. Mais il accomplit ce qu'il avait prévu de faire, et sélectionna 40.000 Qiptchaks à ajouter aux cinq mille soldats géorgiens qu'il avait déjà enrôlés. Dès ce moment, le roi David eut une armée permanente de 45.000 hommes.
      L'immense armée du roi éradiqua finalement en permanence la présence turque dans et autour de la Géorgie. Les Turcs vaincus retournèrent dans la honte vers leur sultan de Bagdad, drapés de noir en signe de deuil et de  défaite. Néanmoins, le sultan Mahmoud II (1118-1131), inflexible rassembla une coalition de pays musulmans pour attaquer la Géorgie. Le sultan convoqua le chef arabe Durbays bin Sadaka, ordonna à son propre fils Malik (1152-1153) de le servir, rassembla une armée de 600.000 hommes, et marcha encore une fois vers la Géorgie.
      C'était en août  1121. Avant de partir à la bataille, le roi David inspira son armée en ces termes: "Soldats du Christ! Si nous nous battons avec courage pour notre foi, nous ne vaincrons pas seulement les serviteurs du Diable, mais le Diable lui-même. Nous allons gagner la plus grande arme de guerre spirituelle quand nous ferons une alliance avec le Dieu Tout-Puissant et le vœu que nous préférons mourir pour Son amour plutôt que de fuir l'ennemi. Et si l'un d'entre nous veut faire retraite, prenons des branches et bloquons l'entrée de la gorge pour l'en empêcher. Quand l'ennemi approche, attaquons férocement! "
      Aucun des soldats ne pensait de battre en retraite. La tactique de combat superbe du roi de et les miracles de Dieu terrifièrent l'ennemi. Comme il est écrit: "La main de Dieu lui donna le pouvoir, et le mégalomartyr Georges le conduisit invisiblement dans la bataille. Le roi anéantit l'ennemi impie avec sa dextre puissante. "
      La bataille de Didgori affaiblit l'ennemi pendant de nombreuses années. L'année suivante, en 1122, le roi David repris la capitale de Tbilissi, qui avait supporté le joug de l'esclavage pendant quatre cents ans. Le roi revint de la ville à sa mère patrie. En 1123 le roi David déclaré le village de Dmanissi possession géorgienne, et donc, enfin, l'unification du pays fut complète.
      Une victoire suivit une autre, tandis que le Seigneur défendait le roi qui  glorifiait son Créateur.
      En 1106 le roi David avait commencé la construction du monastère de Gelati dans l'ouest de la Géorgie, et tout au long de sa vie, ce complexe sacré était au centre de ses efforts en faveur de la renaissance de l'Eglise géorgienne. Le monastère de Gelati était le plus glorieux de tous les temples de Dieu existants. Pour embellir le bâtiment, le roi David offrit beaucoup de grands trésors qu'il avait acquis comme butin de guerre. Puis il rassembla tous les sages, les hommes intègres, généreux et pieux parmi ses parents et ceux de l'étranger et il établit l'Académie théologique de Gelati. Le roi David aida beaucoup de gens dans les églises géorgiennes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son royaume. Le roi bienveillant construisit une ambulance primitive pour les malades et fournissait toutes les conditions nécessaires à leur rétablissement. Il visitait les malades, les encourageait et prenait soin d'eux comme un père. Le roi avait toujours avec lui un petit sac dans lequel il faisait l'aumône aux pauvres.
      Le roi intelligence et bien éduqué passait son temps libre à lire les Saintes Écritures et à l'étude des sciences. Il emportait même ses livres avec lui à la guerre, en sollicitant l'aide des ânes et des chameaux pour transporter sa bibliothèque. Quand il était fatigué de lire, le roi David demandait à d'autres de lire pour lui, alors qu'il écoutait attentivement. Un des biographes du roi se souvient: "Chaque fois que David finissait de lire les épîtres, il mettait un signe sur la dernière page. Au bout d'un an, nous avons compté qu'il les avait lu vingt-quatre fois. "
  Le  roi  David était aussi un écrivain exemplaire. Ses "Cantiques du repentir" sont égaux en mérite aux œuvres des plus grands écrivains de l'Eglise.
      Ce roi géorgien très vaillant, puissant et juste quitta ses héritiers par une confession brillante quand il mourut. Il rappela tous les péchés qu'il avait commis avec des lamentations profonde et implora le Dieu Tout-Puissant pour [obtenir] le pardon.
Le roi David termina son testament en 1125, et dans la même année, il  abdiqua et désigna son fils Démètre pour être son successeur. Il confia à son fils une épée, bénit son avenir, et lui souhaita de nombreuses années en bonne santé et au service du Seigneur. Le roi reposa paisiblement en Christ à l'âge de 53 ans.
      Saint David le restaurateur fut enterré à l'entrée du monastère de Gelati. Son testament fut sculpté dans la pierre de sa tombe: Ceci est mon repos pour toujours et à jamais, ici j'habiterai, car je l'ai choisie [Sion] (Ps. 131:15).

Ô Seigneur, les miracles que tu accomplis par Ton roi orthodoxe David, sont incompréhensibles aux hommes. Tu l'as glorifié pour l'Amour de Ton Nom quand ses victoires brillantes rachetèrent la terre géorgienne des infidèles sarrasins. Tu glorifias saint David par des actes miraculeux et par ces actes accorde à nos âmes grande miséricorde!



Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006
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